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L’élevage des poulets de chair

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Près de 800 millions de poulets sont élevés et tués chaque année en France pour l’alimentation humaine, ce qui en fait les premières victimes de notre système alimentaire. Actuellement, 70 % des animaux terrestres tués en France sont des poulets. Et la consommation de leur chair a augmenté de près de 40 % entre 2005 et 2015 [6].

Enfermement, promiscuité, boiteries, maladies digestives et respiratoires… sont le quotidien d’une grande partie de ces jeunes oiseaux, puisque plus de 80 % d’entre eux sont élevés en système intensif. Heureusement, des alternatives existent !

À quoi ressemble la vie d’un poulet élevé pour sa chair ?

Naissance dans des couvoirs industriels

Quel que soit le mode d’élevage, les futurs poulets naissent dans des couvoirs industriels qui font éclore des milliers d’œufs par jour. Sans avoir eu le moindre contact avec leur mère, les poussins à peine sortis de l’œuf sont convoyés sur des tapis roulants, triés brutalement pour éliminer les plus faibles, puis vaccinés systématiquement. Les poussins (mâles et femelles), âgés d’un jour seulement, sont alors envoyés dans des élevages d’engraissement. Le trajet en camion, sans eau ni nourriture, peut durer près d’une journée. Arrivés dans les élevages, les jeunes oiseaux grandissent dans des groupes de plusieurs dizaines de milliers d’individus, sans aucun contact avec des poules ou des coqs adultes.

Portrait d'un jeune poulet
Photo Creative Commons / Iselin Linstad Hauge

Plus de 80 % des poulets détenus en élevage intensif

En France, la grande majorité des poulets sont enfermés toute leur vie en bâtiment, sans accès à l’extérieur. Ils doivent également cohabiter dans une promiscuité extrême. Les densités atteignent 22 oiseaux par mètre carré dans les élevages standards [5], soit moins d’une feuille A4 d’espace par poulet !

Faute d’aménagements appropriés, les jeunes poulets ne peuvent pas se percher ni prendre de bains de poussière, pourtant nécessaires à leur toilettage. Les conditions de détention en élevage intensif ne répondant en rien à leurs besoins naturels, beaucoup d’entre eux développent des troubles du comportement. Aussi il n’est pas rare de constater l’apparition d’un phénomène de « picage » voire de « cannibalisme » entre animaux qui se mettent à arracher les plumes de leurs congénères.

Dans ces élevages, plus les jeunes oiseaux grandissent, plus leur espace de vie se réduit. Leur environnement devient aussi de plus en plus sale, car leur litière n’est pas changée une seule fois au cours de leur existence. Les poulets évoluent alors sur une croûte d’excréments séchés, qui ne laisse plus apparaître le moindre brin de paille. En plus de l’inconfort, la forte teneur en ammoniac qui se dégage provoque l’apparition de troubles respiratoires. Le contact prolongé avec ce sol souillé est également à l’origine de brûlures de la peau appelées dermatites [9][4].

Autre trouble fréquent : à cause du manque d’exercice et de leur croissance accélérée, beaucoup d’oiseaux présentent des difficultés à se déplacer. L’Agence européenne de sécurité sanitaire des aliments (EFSA) a indiqué en 2010 qu’environ 30 % des poulets de chair élevés de manière standard souffraient d’anomalies aux pattes [1][2].

Lorsque les poulets boiteux ne peuvent plus se rendre jusqu’aux mangeoires et abreuvoirs, il arrive qu’ils meurent lentement de faim ou de soif. D’autres meurent de déficience cardiaque ou respiratoire avant même d’atteindre l’âge d’abattage, qui est pourtant seulement de 35 jours ! Les cadavres des poulets qui n’ont pas survécu à ces terribles conditions de vie devraient être quotidiennement retirés par l’éleveur, mais beaucoup se décomposent sur la litière.

Au bout de 35 jours, les poulets sont considérés comme suffisamment gros pour que leur abattage soit rentable. Cette espérance de vie en élevage ne cesse de diminuer et les poulets destinés à l’exportation sont tués encore plus jeunes. Une vie bien courte lorsque l’on sait que leur espérance de vie naturelle est estimée à plus de 8 ans !

Ces 35 jours passés, il reste une ultime étape au calvaire des poulets : l'abattage. Lors de la mise en caisses et du transport, les manipulations sont si violentes que les fractures des pattes et des ailes sont nombreuses [4]. Un triste avant-goût de leur mise à mort...

Enquête dans un élevage Doux

En 2017, une enquête menée dans un élevage sous contrat d’intégration avec le groupe Doux, connu en France sous la marque Père Dodu, a montré au grand jour les conditions de vie déplorables des poulets en élevages standards.

En chronologie inversée, découvrez les 32 jours de vie de 35000 poulets destinés à l’export.

En savoir plus sur cette enquête
Lire le rapport complet

Et les autres modes d'élevage ?

En France, 17 % des poulets sont élevés dans des systèmes alternatifs (principalement bio et Label rouge). Ils ont alors accès à l’extérieur. Les souches sélectionnées sont plus rustiques et les animaux moins exposés aux problèmes de santé liés à la croissance accélérée.

Cependant, quel que soit le mode d’élevage, les poulets de chair sont élevés dans des groupes de plusieurs milliers d’individus et des problèmes perdurent dans ces élevages (densités, taux de mortalité…). Les manipulations brutales, telles que le tri des poussins ou le ramassage, sont également des pratiques communes à tous les modes d’élevage. Quant aux méthodes d'abattage, elles sont strictement similaires quel que soit l’élevage de provenance.

Tableau comparatif [5][7]

Tableau comparatif des différents modes d'élevages de poulets

À noter : les poulets de Bresse AOC disposent d’un accès à l’extérieur durant la première partie de leur vie, mais sont ensuite confinés dans des cages de batterie appelées épinettes pendant 10 à 15 jours, dans l’obscurité complète et permanente.

Quelques chiffres

54 milliards de poulets sont élevés et abattus chaque année dans le monde [1].

6,5 milliards de poulets sont élevés et abattus chaque année au sein de l’Union européenne [1].

Près de 800 millions de poulets sont élevés et abattus chaque année en France [3].

83 % des poulets élevés en France n’ont jamais accès à l’extérieur [7].

91 % des français sont contre l’élevage intensif de poulets [10].

17,4 kg par personne et par an : c’est la consommation actuelle de viande de poulet en France [8].

0,30 € : c’est le prix dérisoire d’un poussin acheté par un éleveur [5].

Arrêter de consommer leur viande est le plus sûr moyen d’éviter toutes ces souffrances inutiles.

Découvrir les alternatives

S'informer davantage

Sources

[1] Commission européenne, 2016. Rapport de la Commission européenne au Parlement européen et au Conseil sur l'incidence de la sélection génétique sur le bien-être des poulets destinés à la production de viande, 15 p. Disponible en ligne : https://ec.europa.eu/transparency/regdoc/rep/1/2016/FR/1-2016-182-FR-F1-1.PDF (consulté le 5 mars 2018).
Le chiffre de 54 milliards de poulets élevés et abattus dans le monde a été calculé par déduction (6,5 milliards dans l'UE représentent 12 % de la production mondiale).

[2] EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments), 2010. « EFSA Panel on Animal Health and Welfare (AHAW): Scientific Opinion on the Influence of Genetic Parameters on the Welfare and the Resistance to Stress of Commercial Broilers », EFSA Journal, 8 (7):1666, 82 p. Disponible en ligne : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.2903/j.efsa.2010.1666/epdf (consulté le 5 mats 2018). http://dx.doi.org/10.2903/j.efsa.2010.1666.

[3] FranceAgriMer, 2016. Données et bilans 2015, les produits carnés, avicoles et laitiers. Filières avicoles, 54 p. Disponible en ligne : http://www.franceagrimer.fr/content/download/46914/448727/file/STA-VIA-Donn%C3%A9es%20statistiques%20Volailles%202015.pdf (consulté le 5 mars 2018).

[4] INRA (Institut national de la recherche agronomique), 2009. Douleurs animales : les identifier, les comprendre, les limiter chez les animaux d’élevage, 342 p. [Rapport d’expertise réalisé par l’INRA à la demande du ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche et du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche]. Disponible en ligne : https://www6.paris.inra.fr/depe/Projets/Douleurs-animales (consulté le 5 mars 2018).

[5] ITAVI (Institut technique des filières avicole, cunicole et piscicole), 2015. Performances techniques et coûts de production en volailles de chair, poulettes et poules pondeuses : résultats 2014, 64 p. Disponible en ligne : http://www.itavi.asso.fr/content/performances-techniques-et-couts-de-production-resultats-2014 (consulté le 5 mars 2018).

[6] ITAVI, 2016. Actualité des relations commerciales entre industriels de la volaille et grande distribution. Entretiens de l’Observatoire de la formation des prix et des marges, 20 p. Disponible en ligne : https://observatoire-prixmarges.franceagrimer.fr/Lists/Liste%20des%20etudes%20autres/Attachments/166/Magdelaine%20Entretiens%20OFPM%202016.pdf (consulté le 5 mars 2018).

[7] ITAVI, 2016. Les Volailles de chair, les chiffres clés français, [En ligne]. [http://www.itavi.asso.fr/content/les-volailles-de-chair] (consulté le 5 mars 2018).

[8] ITAVI, 2017. Situation de la production et du marché des volailles de chair. Bilan 2016, 11 p. Disponible en ligne : http://www.itavi.asso.fr/content/note-de-conjoncture-volailles-de-chair-0 (consulté le 5 mars 2018).

[9] Sandilands, V. Chicken Behaviour and Welfare, cours en ligne de l’Université d’Édimbourg (Avian Science Research Centre, SRUC). Disponible après inscription à une session : https://www.coursera.org/learn/chickens.

[10] IFOP, 2018. Les Français et les élevages avicoles intensifs. Disponible en ligne : https://www.politique-animaux.fr/sites/www.politique-animaux.fr/fichiers/les_francais_et_les_elevages_avicoles_intensifs_-_ifop_pour_l214_-_2018.pdf.

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