Foie gras

L'état de santé des canards durant le gavage

L’état de santé des canards durant le gavage

La production de foie gras par gavage, c’est-à-dire par ingestion forcée de nourriture déséquilibrée en grandes quantités, altère l’équilibre de l’organisme des oiseaux. Une étude récente vient encore appuyer les conclusions des rapports scientifiques existants en s’intéressant aux conséquences immédiates du gavage*.

Le gavage place les canards dans un état d’hyperthermie, c’est-à-dire qu’ils produisent plus de chaleur qu’ils ne peuvent en éliminer.

Le foie est lui-même responsable d’une partie de cette production de chaleur. En effet, un foie atteint de stéatose hépatique, d’une taille 8 à 10 fois supérieure à la normale, se transforme en un véritable radiateur.

Cette hyperthermie augmente les besoins en oxygène des canards, qui se mettent à hyperventiler (respiration rapide). Ce phénomène est accentué par la grande taille du foie, qui limite la circulation d’air par compression des sacs aériens. Le centre de gravité de l’animal est également déplacé, ajoutant de l’inconfort à la douleur.

L’étude a démontré que ces animaux passent de 13 respirations par minute au premier jour de gavage à 65 respirations par minute au onzième jour. La température augmente fortement sur plusieurs parties du corps. 

 


Paramètres physiologiques (nombre de respirations, température) des canards en fonction du jour de gavage

 1er jour de gavage11e jour de gavage
Respirations/minute1365
Température cloacale40,6 °C42,1 °C
Température du bec14,5 °C29,6 °C
Température des pattes15,4 °C35 °C

Les canards en situation d’hyperthermie sont sujets à une perte de CO2 importante dûe à l’hyperventilation. Ce phénomène peut avoir un impact négatif majeur sur la santé des oiseaux. Pour lutter contre cette perte de CO2, on peut observer chez les canards :

  • la polypnée, soit une fréquence de respiration accrue avec des volumes d’air diminués, qui implique une respiration à bec ouvert ;
  • le flutter gulaire, soit une oscillation rapide de la mandibule inférieure (plancher du bec) et de la partie supérieure du gosier et tube digestif.
 

Ces mécanismes s’observent de manière visible sur nos images : 

 


* Souvestre M., Delpont M. et al., 2017. « Canard en gavage : des outils innovants », Filières avicoles, 812, octobre 2017, p. 54-57.