Canards à foie gras

Foie gras : un phénomène naturel ?

Le rapport scientifique européen de 1998 ainsi que le rapport du Pr. Broom de 2015¹ démontrent que le gavage est extrêmement préjudiciable à la santé des oiseaux (état général dégradé, stéatose hépatique, mortalité élevée, etc.). 

Pourtant, la filière du foie gras et quelques scientifiques en conflits d’intérêts continuent de propager de nombreuses contrevérités et mensonges sur la pratique du gavage : elle serait ainsi indolore, sans risque pour les animaux et exploiterait simplement une capacité « naturelle » !

Ni migrateurs, ni masochistes, les canards n’accourent pas pour se faire gaver, bien au contraire : leur comportement montre bien leur aversion à cette technique douloureuse.

Le mythe des oiseaux migrateurs

Contrairement aux oiseaux migrateurs qui, pour se préparer à la migration, se nourrissent d’eux-mêmes davantage, à longueur de journée, pour stocker des graisses dans les tissus périphériques (sous la peau, principalement au niveau de la poitrine), les oiseaux gavés sont forcés à ingérer de très grandes quantités de nourriture en quelques secondes, et les graisses se stockent alors dans le foie.

Les canards mulards, utilisés pour la production de foie gras, sont d’ailleurs des hybrides stériles, incapables de voler, et n’ont jamais été migrateurs. Les zootechniciens ont fabriqué cette souche de canard à dessein : le canard mulard développe rapidement une stéatose hépatique, il suffit donc de 10 jours de gavage pour obtenir un foie gras…

En savoir plus sur le mythe du gavage « naturel »

Des canards pas si gloutons

Lorsqu’il n’est pas tenu en captivité, le canard se nourrit tout au long de la journée (contrairement au rythme imposé des deux repas par jour en gavage forcé).

Son corps ne peut pas pour autant assimiler n’importe quelle quantité de nourriture.

Les quantités ingérées en gavage sont telles que si on arrête de le forcer à manger, « l’animal refuse simplement de s’alimenter pendant une quinzaine de jours3 ».

Au sujet du supposé plaisir qu’aurait le canard ou l’oie de voir le gaveur revenir avec l’embuc de la machine à gaver, le rapport du Comité scientifique de la Commission européenne sur la santé et le bien-être des animaux nous rappelle en sa conclusion que « les membres du Comité ont observé qu’avant une séance de gavage, les canards et les oies font preuve d’un comportement d’évitement qui indique de l’aversion envers la personne qui les nourrit et la procédure de gavage. Après une courte période, les oiseaux qui peuvent le faire [c’est-à-dire ceux qui ne sont pas cloîtrés dans une cage] s’éloignent de la personne qui les a gavés ».

C’est précisément parce que la pratique du gavage est source de souffrances pour les oiseaux qu’elle est interdite dans de nombreux pays à travers le monde.

En savoir plus sur l’interdiction sur gavage dans le monde

Insémination artificielle généralisée

Les canards utilisés dans la production de foie gras sont des canards mulards, hybrides issus du croisement entre une cane de Pékin et un canard de Barbarie.

Que ce soit pour la filière industrielle ou dite « traditionnelle », l’insémination artificielle est généralisée. 

Le prélèvement du sperme et l’insémination des canes (par retournement de l’oviducte) sont une source de stress et de blessures pour les animaux.

Sources

1. Broom D. et Rochlitz I. (université de Cambridge), 2015. Le Bien-être des canards pendant la production de foie gras.

2. Bernède S., 2003. « Gaver n'est pas torturer », La Dépêche du Midi, 5 octobre 2003.