L'abattage des animaux

L’abattage des animaux

Chaque jour en France, 3 millions d’animaux sont mis à mort dans les abattoirs. Dans le même temps, des dizaines de millions de poissons sont sortis de l’eau et tués. « Dignité », « respect », « réglementation », « contrôle »… : les expressions utilisées dans ce domaine se veulent rassurantes. La réalité est pourtant tout autre. Que l’abattoir soit local, labellisé, bio ou industriel, que la mise à mort soit précédée ou non d’un étourdissement, la peur et la souffrance sont inévitables.

Abattage = souffrance

Une mort douce, rapide et indolore ? Des animaux qui ne s’apercevraient pas qu’on les tue ? Malheureusement, ce n’est pas comme ça que l’abattage se passe dans les abattoirs. Même dans les meilleures conditions techniques, celui-ci ne peut exclure ni le stress ni la douleur.

« La mise à mort des animaux peut provoquer chez eux de la douleur, de la détresse, de la peur ou d’autres formes de souffrance, même dans les meilleures conditions tech­niques existantes. Certaines opérations liées à la mise à mort peuvent être génératrices de stress, et toute technique d’étourdissement présente des inconvénients. »

Préambule du règlement européen de 2009 sur la protection des animaux au moment de leur mise à mort7

Des infractions monnaie courante

Lors de chaque enquête officielle, des dysfonctionnements clairs sont révélés dans les abattoirs français : mission commune d’information au Sénat en 20132, rapport de la Cour des comptes en 20143, rapports de l’Office alimentaire et vétérinaire européen (dernier en date 20154), ou encore commission d’enquête à l’Assemblée nationale en 20165.

80 % des chaînes d’abattage inspectées (abattoirs de boucherie*) présentaient ainsi des non-conformités en 20166 lors d’une inspection générale des abattoirs ordonnée par le ministre de l’Agriculture suite à nos premières enquêtes. Cet événement est resté exceptionnel. Depuis, il n’y a pas eu d’audit d’une telle ampleur pour permettre de garder une vision d’ensemble, même si les contrôles relatifs à la « protection animale en abattoirs » ont augmenté depuis 2016. En 2019, 68 % des contrôles effectués en abattoirs d’animaux « de boucherie » et 59 % des contrôles en abattoirs de « volailles » et de lagomorphes ont mis en évidence des non-conformités7.

L’insuffisance des contrôles est soulignée par toutes les expertises. En particulier, l’absence de surveillance du poste d’abattage est monnaie courante, et laisse libre cours aux cas de maltraitances involontaires ou intentionnelles. Actuellement, les seules poursuites juridiques pour cruauté ou maltraitance envers les animaux en abattoirs reposent sur des images d’enquête que l’association a diffusées.

« Au total, l’absence de contrôle à un niveau significatif et l’absence de sanctions suffisantes mettent en lumière des anomalies graves. »

extrait du Rapport public annuel de la Cour des comptes, 20148

Qu’en est-il des abattages bio ?

Les cochons sont des animaux joueurs, en particulier les porcelets. Cela se manifeste chez eux par des explosions d’énergie (ils sautent, trottinent, secouent la tête), mais aussi par des comportements sociaux plus subtils, tels que des contacts du groin. Ils déplacent et secouent des objets, tels que des balles ou des bâtons, jettent de la paille… Entre eux, ils se poussent, se courent après, font semblant de se battre : des comportements de jeu similaires à ceux que l’on peut observer chez les chiens ou d’autres mammifères. Ceux-ci sont importants pour le développement cognitif des jeunes animaux et permettent d’entretenir les liens sociaux entre les individus5. En effet, les porcelets élevés dans un environnement complexe où ils peuvent interagir avec des objets et d’autres cochons sont socialement et cognitivement plus développés que lorsqu’ils sont élevés dans des cages. Cela a des effets à long terme sur le bien-être des animaux (réduction de l’agressivité chronique, du stress, augmentation des états émotionnels positifs liés au jeu)6.

Sources

1 Règlement (CE) 1099/2009 du Conseil du 24 septembre 2009 sur la protection des animaux au moment de leur mise à mort. Considération (2).
http://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex:32009R1099

2 Sénat, 2013. Rapport d’information fait au nom de la mission commune d'information sur la filière viande en France et en Europe : élevage, abattage et distribution.
http://www.senat.fr/rap/r12-784-1/r12-784-11.pdf

 

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