De l’éclosion à la mise en production
Quel que soit le mode d’élevage, les œufs éclosent dans d’immenses couvoirs industriels. Avant même la naissance, les poussins mâles, inutiles pour la ponte, sont éliminés par ovo sexage (pour les œufs coquilles). Pour la production d’œufs destinés à l’industrie et les poussins issus de poules blanches, les mâles, sont immédiatement éliminés à peine sortis de l’œuf, le plus souvent par gazage ou broyage.
Les femelles, elles, sont issues de lignées génétiques sélectionnées pour une seule caractéristique : pondre intensivement. Ces poules n’ont plus grand-chose en commun avec leurs ancêtres. Elles sont le produit de décennies de sélection visant à maximiser la production d’œufs. Les souches de gallinacés utilisées pour les élevages de poules pondeuses (de lignée brune) sont ainsi différentes de celles utilisées pour les poulets de chair (élevés pour leur viande).
Très tôt, les jeunes poules subissent un épointage du bec, souvent au laser. Le bec étant un organe très sensible, cette mutilation est douloureuse. Elle vise à limiter les blessures (picage et cannibalisme) entre individus dans des conditions de promiscuité extrême, et permet de parquer les poules par milliers ou à l’étroit dans des cages minuscules.
Élevées par milliers, sans jamais rencontrer leur mère, elles grandissent dans des groupes homogènes, sans adultes pour structurer leur comportement. À partir de 18 semaines, elles sont transférées dans les bâtiments de ponte.
Des conditions de vie standardisées
Aujourd’hui encore, près d’un quart des poules sont enfermées dans des cages, sans possibilité d’exprimer leurs comportements naturels.
Les autres vivent en bâtiment, avec ou sans accès à l’extérieur. Même lorsque cet accès existe, il ne garantit pas une vie conforme à leurs besoins (densité élevée, espaces peu enrichis, sorties limitées).
Une fin programmée
Leur corps est poussé à produire jusqu’à l’épuisement : environ 300 œufs en un an. Après cette année de ponte intensive, leur productivité diminue. Elles sont alors tuées dans un abattoir, généralement entre 68 et 74 semaines.
Chaque année, 44,9 millions de poules pondeuses sont ainsi abattues en France.
Gallus gallus : des animaux aux besoins ignorés
Pourtant, les poules sont des individus sensibles, dotés de comportements complexes : explorer, gratter le sol, prendre des bains de poussière, établir des relations sociales.
Dès 1995, dans l’article 2 de la recommandation concernant les poules domestiques (Gallus gallus) adoptée par le Comité permanent, le Conseil de l’Europe soulignait que la prise en compte de leurs caractéristiques biologiques rendrait incompatibles les élevages intensifs et les systèmes en grands groupes. Cette réalité reste aujourd’hui largement ignorée.
Quelques chiffres
- Nombre de poules pondeuses dans les élevages : 57,3 millions
- Nombre de poules pondeuses abattues chaque année : 44,9 millions
- Âge de mise en place des poulettes : 18 semaines
- Nombre d’œufs pondus par poule : 300 en moyenne sur une année
- Taux de mortalité en période de ponte : entre 5 et 12 %
- Âge d’abattage : de 68 à 74 semaines
Mode d’élevage
- 23 % des poules élevées en cage (10,3 millions de poules) : code 3 sur l’œuf
- 26 % en élevage au sol en bâtiment sans accès à l’extérieur : code 2 sur l’œuf
- 51 % élevées en bâtiment avec accès à l’extérieur (15,9 % en bio, 6,7 % en label rouge, 27,8 % en plein air) : code 0 ou 1 sur l’œuf
Comment agir pour aider les poules pondeuses ?
- Statistique Agricole Annuelle 2012-2013 semi-définitive.
- Filières avicoles n° 829, avril 2019.
- Itavi.
- Statistique Agricole Annuelle 2012-2013 semi-définitive.
- Filières avicoles n° 829, avril 2019.
- Itavi.
- Synalaf.
- DGAL.
- Observatoire de l'agriculture biologique, chiffres 2011.
- CNPO, base de données avicole 2021.