La viande bovine provient majoritairement de vaches laitières réformées, c’est-à-dire abattues car plus assez productives, au bout de 8 ans tout au plus. Elle provient aussi, dans une moindre proportion, de races spécifiquement élevées pour la viande, et abattues au bout de 10 ans.
Si des différences notables existent entre les modes d’élevage, tous les animaux sont tués dans les mêmes abattoirs, et ce quelle que soit la filière dont ils proviennent.
60 % de la viande bovine consommée en France provient des vaches :
La France produit 47 % de la viande de vache consommée. Sur ces 47 %, 47 % proviennent des vaches laitières et 53 % des vaches à viande.
Plus de 80 % des importations de viande bovine sont des vaches.1
Veaux « sous la mère » et « vaches allaitantes »
Les vaches des races à viande, aussi appelées « vaches allaitantes », sont essentiellement élevées pour donner des veaux qui seront tués pour leur chair, et qu’elles peuvent allaiter pendant plusieurs mois. Cette alimentation, ainsi que la naissance dans l’élevage même, déterminent l’appellation veau « sous la mère »2. Ces veaux représentent environ 10 % de la production3. Cependant, le veau peut téter d’autres vaches en plus ou à la place de sa mère, ou recevoir un complément liquide ou solide4.
Lorsqu’ils peuvent têter librement, les veaux tètent 5 à 9 fois par jour pendant les premières semaines de leur vie, puis 3 à 5 fois par jour à l’âge de 2 à 3 mois5. Classiquement, le veau « sous la mère » tête sa mère ou une nourrice seulement deux fois par jour, et ne consomme pas d’herbe. Le reste du temps, il est dans l’étable avec de l’eau à disposition6. Les veaux « sous la mère » Label Rouge doivent avoir une litière végétale et recevoir la lumière naturelle7.
Dans les systèmes d’élevage sous la mère, les « vaches allaitantes » sont généralement traites une ou deux fois par jour en même temps qu’elles allaitent, ou bien seulement après le sevrage de leur veau8. La majorité des veaux femelles est destinée à renouveler le troupeau de vaches reproductrices, tandis que la plupart des mâles est abattue vers l’âge de 18-24 mois, après une phase d’engraissement. Les veaux peuvent être allaités jusqu’à 9 mois9, et ne peuvent pas être abattus avant 3 mois10.
Si des différences existent entre les modes d’élevage, tous les animaux sont tués dans les mêmes abattoirs, où la peur et la souffrance sont inévitables, et ce quelle que soit la filière dont ils proviennent, que l’abattoir soit local, labellisé, bio ou industriel, et que la mise à mort soit précédée ou non d’un étourdissement.
Hypertrophie génétique
Créés en 1973, la race bovine blanc bleu belge sont été sélectionnés à partir du gène culard pour produire un maximum de muscles. Ce gène produit une hypertrophie musculaire de l’arrière-train. Mais c’est au détriment de la santé des animaux : la cage thoracique, l’estomac et le bassin sont écrasés au profit de la viande, qui représente 80 % de la carcasse d’une BBB, contre 55 % pour une charolaise11.
Autre problème : le diamètre pelvin réduit, la morphologie des cuisses et le poids élevé des veaux rend tellement délicat le vêlage par voie naturelle que les naissances ont systématiquement lieu par césarienne12,13. Les vaches pouvant supporter 5 césariennes maximum, elles sont abattues au-delà, parfois même dès 3 interventions14.
La Fédération des vétérinaires suédois, au nom du bien-être animal, avait interdit dans les années 1990 la reproduction de vaches de race blanc bleu belge en Suède. Un bras de fer s’était engagé lorsque la Cour de justice des Communautés européennes avait jugé cette interdiction contraire au droit communautaire15.
1 IDELE, 2022. Chiffrés clés bovins 2023, productions lait et viande.
2 Ministère de l'Agriculture, 1998. Notice technique Veaux de boucherie nourris sous la mère. p. 2
3 « Le bien-être et la protection des veaux », Ministère de l’agriculture et de l’alimentation, article du 5 juin 2019, [En ligne].
1 IDELE, 2022. Chiffrés clés bovins 2023, productions lait et viande.
2 Ministère de l'Agriculture, 1998. Notice technique Veaux de boucherie nourris sous la mère.
3 « Le bien-être et la protection des veaux », Ministère de l’agriculture et de l’alimentation, article du 5 juin 2019, [En ligne].
4 INAO, 2024. Conditions de production communes relatives a la production en label rouge « veau » p 3-4
5 EFSA, 2023
6 « Le bien-être et la protection des veaux », Ministère de l’agriculture et de l’alimentation, article du 5 juin 2019, [En ligne].
7 INAO, 2024. Conditions de production communes relatives a la production en label rouge « veau » p 3-4
8 FIBL, 2023. Élevage des veaux sous la mère ou avec une nourrice en production laitière p.6
9 Chaire Bien-être animal VetAgroSup, 2024. Les veaux sont séparés de leur mère dès la naissance : VRAI ou FAUX ?
10 Ministère de l'Agriculture, 1998. Notice technique Veaux de boucherie nourris sous la mère.
11 « La BBB, vache XXL », Le Monde, article du 3 mai 2014. [En ligne].
12 « Avec 100 césariennes par an, pas le droit à l'erreur pour Sébastien Desert », Web-Agri, article du 28 mars 2023. [En ligne].
13 Le Point Vétérinaire, fiches techniques. La blanc-bleu belge
14 « Avec 100 césariennes par an, pas le droit à l'erreur pour Sébastien Desert », Web-Agri, article du 28 mars 2023. [En ligne].
15 a : Wikipédia, 2025. Blanc bleu belge. Consulté le 1er février 2026. b : « La Suède refuse le «Blanc Bleu Belge» », Le Soir, article du 26 novembre 2011. [En ligne]. c : Welfarm, 2022. La sélection génétique est une menace pour le bien-être animal : l’exemple de la race bovine blanc bleu belge