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Procès de l'abattoir de Mauléon-Licharre

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Le 14/03/2018

Les 29 et 30 mars 2018 pour juger 195 infractions

Les 29 et 30 mars prochains au tribunal de grande instance de Pau se tiendra le procès de l’abattoir de Mauléon-Licharre (Pyrénées-Atlantiques), dont l’association L214 avait révélé les images.

Tournées au mois de mars 2016, juste avant les fêtes de Pâques, ces images révélaient les pratiques de mise à mort des agneaux de lait ainsi que l’abattage de veaux et de bovins adultes, dans un abattoir certifié bio et qui met en avant le Label Rouge et l’IGP (indication géographique protégée).
Elles montraient de multiples infractions aux règles de protection animale et des scènes de souffrance animale sévère, ainsi que de graves manquements et violences de la part du personnel de l’abattoir.

Enquête dans l'abattoir de Mauléon-Licharre

→ Voir la vidéo d'enquête

L214 avait porté plainte contre l’abattoir auprès du Procureur de la République de Pau pour maltraitances, sévices graves et actes de cruauté. Après examen de l’ensemble des images fournies par L214 à la justice, 195 infractions ont été retenues par le Procureur pour engager des poursuites devant le tribunal. C’est ce procès, qui mettra en cause la responsabilité pénale de l’abattoir, de son ancien directeur et de quatre de ses employés qui s’ouvrira le jeudi 29 mars à 9 h.

Pour Brigitte Gothière, porte-parole de l'association : « Ces images ont été captées et diffusées pour rendre visible un système violent qui met à mort 3 millions d’animaux chaque jour en France. Elles ont aussi montré que la réglementation dans les abattoirs ne sert qu’à rassurer les consommateurs : elle n’y est même pas appliquée, aggravant encore les souffrances endurées par les animaux. Ce procès doit surtout être l’occasion de soulever notre responsabilité collective, de nous interroger sur la légitimité de continuer à tuer des animaux. »

Contacts presse

Mauléon-Licharre : rappel des faits

Après Alès et Le Vigan, ce sont des images de l’abattoir de Mauléon-Licharre, dans les Pyrénées-Atlantiques, que dévoilait l’association L214 en mars 2016. Sur cette période, près de 11 000 agneaux étaient abattus pour les fêtes de Pâques. Dans cet abattoir, pourtant certifié bio, Label Rouge et IGP, on pouvait observer de nombreuses infractions aux règles de protection animale ainsi que des actes de maltraitance : animaux frappés au crochet, étourdis à plusieurs reprises, saignés tardivement ou égorgés en pleine conscience...

Pour l’association L214, l’audience de Mauléon sera l’occasion de faire reconnaître la responsabilité de l’abattoir et de mettre en lumière l’inaction de l’État et des services vétérinaires.

Sans vidéo, pas de procès

Ce procès a lieu grâce aux preuves que constituent les vidéos révélées par L214. L’enquête préliminaire, sous la conduite du Procureur de la République et menée par les services de gendarmerie, a dénombré 195 infractions, parmi lesquelles :
des mauvais traitements (animaux tirés par les oreilles ou par la toison, usage de l’aiguillon électrique, coups de pied, coups de crochet sur la tête pour assommer, agneau lancé, agneau écartelé) ;
des pratiques qui accentuent la souffrance des animaux au moment de leur mise à mort (étourdissements ratés, saignées tardives, absence de vérification de l’inconscience avant la saignée, animaux saignés conscients) ;
des structures défaillantes (piège des bovins inadapté pour les veaux, matériel d’étourdissement défaillant) ;
tromperie du consommateur (utilisation de l'aiguillon électrique sur les animaux, proscrite dans les cahiers des charges des labels mis en avant par l'abattoir).

En 2016, les résultats des contrôles ordonnés par Stéphane Le Foll faisaient état de 80% de chaînes d’abattage présentant des non-conformités, entraînant l’arrêt de plusieurs chaînes d’abattage. Aucun procès ne viendra pourtant sanctionner ces infractions.
Les seuls procès qui ont lieu s’appuient sur des vidéos.
Le contrôle vidéo, porté par le député Olivier Falorni, permettrait que les abattoirs puissent répondre de leurs infractions devant les tribunaux. 85% des Français sont favorables à cette mesure. Emmanuel Macron s’y était engagé pendant la campagne présidentielle. Pourtant, le projet de loi présenté par le gouvernement n’a pas repris cette proposition.

Mauléon et les autres, un problème de société

On demande l’impossible aux ouvriers d’abattoir : tuer avec douceur et respect des êtres qui ne veulent pas mourir, qui résistent autant qu’ils le peuvent. Si les ouvriers doivent répondre de leurs actes, ils n’ont pas à porter la responsabilité de ce système violent. Les différentes enquêtes menées par ailleurs ont montré que la violence des abattoirs s’exerce aussi sur eux.

Pour l’association L214, ce qui doit être interrogé en priorité, c’est notre responsabilité collective en tant que société qui fait naître, exploite et tue chaque jour sans nécessité 3 millions d’êtres sensibles.

→ Voir les autres enquêtes de L214

Projet de loi sur l’alimentation : quelles avancées ?

Le projet de loi issu des États généraux de l’alimentation sera examiné à l’Assemblée nationale ce printemps. Le gouvernement avait annoncé une « politique de l’alimentation ambitieuse » et la « nécessaire transformation des systèmes agricoles vers plus de respect du bien-être animal ».

Il n’en est rien : aucune mesure concrète pour limiter la souffrance des animaux n’est présente dans ce projet de loi.

Ni le contrôle vidéo dans les abattoirs, ni l’interdiction des élevages en cage des poules pondeuses, ni la végétalisation de l’alimentation ne figurent dans ce texte.

L’association L214 espère que les députés se feront le relais de la société civile en apportant des amendements à ce texte pour que s’amorce enfin une véritable transition agricole et alimentaire.

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