« La guerre du poulet est déclarée » : et si on se trompait de combat ?


Alors que les parlementaires sont en train d’examiner jusqu'où détricoter les normes environnementales pour installer 2 200 nouveaux poulaillers intensifs sur dix ans, L214 montre que la « guerre du poulet » est une bataille perdue d'avance, et que le vrai combat pour la souveraineté alimentaire est ailleurs.


Une polémique révélatrice

L'article du Parisien sur l'agrandissement de la ferme du Pré (Oise), amenée à accueillir plus d'un million de poules, a fait couler beaucoup d'encre. Il intervient dans un contexte brûlant : la consommation de poulet en France explose, comme l'a révélé la polémique Master Poulet. Aujourd’hui, 1 poulet consommé sur 2 est importé. Le projet de loi d'urgence agricole, actuellement en examen à l’Assemblée Nationale, entend faciliter l'implantation de 2 200 nouveaux poulaillers intensifs d’ici 2035 dix ans sur le territoire français en assouplissant les normes et en dérégulant, malgré les impacts environnementaux et sanitaires de ces installations pour récupérer des parts de marché.


Les ténors des filières et le gouvernement présentent ce choix comme un compromis indépassable pour assurer la souveraineté alimentaire de la France. L214 démontre, point par point, que ces arguments ne tiennent pas.


Poulets agonisant dans un élevage en Loire-Atlantique, 2025

Une course à l’industrialisation sans issue

La France est déjà le deuxième pays d'élevage intensif en Europe, selon une enquête du collectif de journalistes européens AGtivist agency : 8 animaux sur 10 abattus proviennent d’élevage sans accès au plein air. Aller encore plus loin dans l'industrialisation est une impasse structurelle pour plusieurs raisons :

  • des coûts de production structurellement plus élevés en France (prix du foncier, des intrants, coûts salariaux et sociaux) qui rendent impossible toute guerre des prix prolongée face aux importations ;
  • les transformateurs et distributeurs qui demandent une production de poulet à bas prix, tandis que les éleveurs de volailles s'endettent lourdement pour s’agrandir (345 520 € de dette en moyenne), condamnant ces derniers à investir massivement sans garantie de revenu ;
  • une forte dépendance au soja importé et aux engrais qui fragilise le modèle à chaque crise géopolitique, économique ou climatique, l'exact opposé de la souveraineté ;
  • des externalités négatives liés aux fortes densités d’animaux et à la concentration des élevages sur les territoires, en raison de la pollution de l’air, de l’eau et des sols, qui contribuent à renforcer les oppositions locales à l’implantation de nouveaux élevages intensifs, modèle rejeté par plus de 80 % des Français.

« La “guerre du poulet” voulue par les distributeurs et transformateurs pour proposer des prix bas n'est pas une politique de souveraineté alimentaire : c'est une fuite en avant qui mène le modèle agricole français droit dans le mur. Intensifier l'élevage ne fera que retarder une transformation inévitable, tout en aggravant les conditions de vie des animaux, les dommages environnementaux et la précarité des éleveurs », explique Marie Waniowski, chargée des campagnes politiques nationales chez L214.


Le vrai combat : le tabou des habitudes alimentaires

La véritable souveraineté alimentaire ne se gagnera pas en construisant davantage de poulaillers intensifs. Elle passe par un sujet que la plupart des responsables politiques évitent soigneusement : la transformation de nos habitudes alimentaires et une réduction d'au moins de moitié de la consommation de produits d'origine animale.

Cette transition, appuyée par la communauté scientifique, permettrait simultanément de réduire notre empreinte environnementale et sanitaire, ainsi que de diminuer notre dépendance aux marchés internationaux.


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Nos porte-paroles sont disponibles pour des interviews

  • Brigitte Gothière, cofondatrice : [email protected], 06 20 03 32 66
  • Marie Waniowski, chargée des campagnes politiques nationales : [email protected], 06 30 33 16 17

L214 peut également faciliter des mises en contact avec des riverains et des éleveurs directement concernés par ces projets d'extension.



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