L214 publie des images tournées les 3 et 4 août 2026 dans deux sites de la SCEA du Tertre Es Lys, un élevage porcin situé à Hénon et à Saint-Carreuc, dans les Côtes-d'Armor.
L'exploitation, liée à la coopérative Eureden et récemment présentée comme un modèle d'avenir pour l'élevage porcin, cache en réalité une situation catastrophique : plus de 300 cadavres de cochons et de porcelets en décomposition avancée, momifiés ou déjà à l’état de squelettes. Un enfer où des cochons vivants se trouvent encore au milieu des morts.
Pour L214, il s'agit de l'un des pires cas d'abandon d'animaux documentés par l'association en élevage.
L214 porte plainte pour abandon d’animaux et mauvais traitements auprès du procureur de la République du tribunal judiciaire de Saint-Brieuc, et demande au préfet la fermeture immédiate de l'exploitation.
Quelques semaines avant la découverte de ces cadavres, cet élevage qui a perçu 18 318 € d’aides de la PAC pour la période d’octobre 2024 à octobre 2025, faisait l'objet d'une importante communication de la coopérative agro-industrielle Eureden. Le 19 juin 2026, une journée portes ouvertes y a réuni environ 500 personnes autour d'un bâtiment présenté comme l'avenir de l'élevage porcin, avec un fort accent mis sur le « bien-être animal ».
Sur le site de Hénon, dans le bâtiment d’une maternité porcine équipée de cases dites « liberté », les images révèlent une véritable hécatombe de porcelets. Selon les constats réalisés sur place, environ 80 % des porcelets sont morts, soit plus de 200 animaux.
Cette affaire est d’autant plus révélatrice qu’elle ne concerne pas un élevage marginal, caché loin des regards. Il s’agit au contraire d’un élevage vitrine, présenté comme un modèle de modernité et de bien-être animal. Dans un article publié par la revue Sesame de l’INRAE, des chercheurs posent clairement les limites de la vision d’un élevage intensif « amélioré » : « non, améliorer le bien-être des animaux dans les systèmes intensifs n’est pas possible ». Certaines mesures peuvent réduire des souffrances concrètes, et L214 se bat pour qu’elles soient mises en œuvre, mais elles ne doivent pas masquer les limites structurelles de ces systèmes. Derrière les innovations de bâtiment et les éléments de langage, les animaux sont pris au piège dans des bâtiments fermés, privés de leurs besoins les plus fondamentaux.
Des cadavres momifiés, des squelettes et des cochons vivants au milieu des morts
Dans plusieurs bâtiments de l'exploitation, des cadavres de cochons sont abandonnés dans des cases d'élevage sur caillebotis. Certains corps sont momifiés, d'autres sont réduits à l'état de squelettes presque complets. Des restes d'animaux sont visibles au sol, dans des cases vides ou à proximité d'autres animaux. Au total, plus de 300 cadavres sont visibles sur les images tournées dans les deux sites. À Saint-Carreuc, plusieurs salles contiennent des cadavres dans un état de décomposition très avancé. À Hénon, une salle entière est jonchée de cadavres, tandis que des cochons sont encore en vie dans l’exploitation. Ces corps délaissés témoignent d'une situation d'abandon massif et d'une absence manifeste d'évacuation des cadavres. L'état très avancé de décomposition de certains animaux laisse penser qu'ils sont morts depuis plusieurs semaines, voire depuis plusieurs mois pour certains.Ressources libres de droits
- Extraits bruts des vidéos
- Vidéo courte (Youtube / Vimeo)
- Galerie photos
- Pétition
L'élevage modèle d'Eureden vire au charnier

