Projet d’extension DUC à Braux-Saint-Rémy : un million de poulets élevés dans les conditions les plus intensives



À Braux-Saint-Rémy, dans la Marne, DUC prévoit de quadrupler la capacité d’un élevage intensif de poulets, qui passerait de 40 000 à 160 000 animaux élevés simultanément, soit plus d’un million de poulets chaque année.


Densités extrêmes, souches à croissance ultra-rapide, enfermement permanent des animaux : le projet repose sur les pires pratiques d’élevage et à rebours des engagements pris par les leaders de la filière avicole. Cette extension entraînerait également une pression accrue sur l’environnement.


Le projet envisagé par la société DUC et géré par l’EARL Val’Argonne a été présenté dans le cadre de la consultation du public. L214 s’y oppose fermement et a déposé une contribution argumentée auprès du commissaire-enquêteur.


Informations pratiques

→ La consultation publique ouverte jusqu’au mardi 23 juin 2026

→ La contribution de L214


Un projet à rebours des évolutions de la filière

Plus de 120 entreprises de l’agroalimentaire ont déjà rejoint le European Chicken Commitment (ECC), un socle de critères visant à améliorer significativement les conditions d’élevage des poulets de chair. Alors que les leaders de la filière avicole s’engagent vers un recul de la souffrance des poulets, l’EARL Val’Argonne fait le choix inverse :

  • densité record : 22 poulets par m² (l’ECC impose de ne pas dépasser 30 kg/m², soit 12 à 15 poulets/m²) ;
  • recours à des souches à croissance ultra-rapide (4 fois plus rapide qu’en 1950) entraînant de nombreuses pathologies documentées ;
  • confinement total des animaux : bâtiments fermés sans accès à l'extérieur.


→ Voir les entreprises engagées sur l'ECC


Poulet à croissance rapide dans un élevage du Pas-de-Calais (photo L214 libre de droits)

Poulet à croissance rapide dans un élevage du Pas-de-Calais (photo L214 libre de droits)


Pour Isabelle Fernandez, porte-parole de l'association L214 : « Les engagements pris par de nombreux acteurs de la filière prouvent que les critères demandés par le European Chicken Commitment sont réalistes et réalisables. S’engager à respecter ces critères minimaux permet de réduire concrètement la souffrance de millions de poulets. S’y refuser, c’est ignorer les avancées scientifiques et maintenir des pratiques préjudiciables pour les animaux comme pour l’environnement. L214 poursuivra son travail d’information et appelle les entreprises à prendre leurs responsabilités en respectant l’ensemble des critères de l’ECC. »

Une intensification aux conséquences environnementales importantes

Malgré l’objectif affiché d'une production à « haute valeur environnementale », plusieurs éléments du dossier soulignent au contraire l’augmentation des pressions exercées sur l’environnement local.


Le passage de 40 000 à 160 000 places entraînerait une forte hausse des prélèvements d'eau dans la nappe de la Craie, déjà vulnérable aux pollutions par les nitrates. Les volumes consommés passeraient de 2 300 à 9 500 m³ par an, dont plus de 97 % seraient destinés à l'abreuvement des poulets et à la brumisation dans les bâtiments.


La Mission régionale d'autorité environnementale (MRAe) pointe l’absence d’un bilan carbone complet intégrant l'analyse du cycle de vie (transport et alimentation) et s’inquiète de l’impact des désinfectants présents dans les eaux de lavage destinées à être épandues.


Le projet entraînerait par ailleurs des émissions annuelles de plus de 10,4 tonnes d’ammoniac, un polluant atmosphérique majeur qui aggrave également les phénomènes d’eutrophisation.






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