Quatre projets d'élevage intensif de poulets sont actuellement soumis à consultation du public dans le centre-nord de l'Aisne. Implantés à Erlon, Surfontaine, Gizy et Hauteville, ils représenteraient ensemble plus d'un million de poulets élevés puis abattus chaque année dans un rayon de 30 kilomètres.
Derrière ce chiffre se cachent à la fois les pires pratiques d’élevage et une pression accrue sur l’environnement.
L214 s’oppose fermement à ces projets d’élevage intensif, sources d’une souffrance aigüe pour un nombre considérable d’animaux et contraires à l’intérêt général. Par conséquent, l’association a déposé des contributions argumentées auprès de la préfète de l’Aisne.
4 consultations publiques en cours
→ Tous les dossiers de demande d’exploitation sont disponibles sur ce lien.
- Erlon : consultation jusqu’au 11 juin 2026
→ Lire la contribution de L214
- Surfontaine : consultation jusqu’au 13 juin 2026
→ Lire la contribution de L214
- Gizy : consultation jusqu’au 18 juin 2026
→ Lire la contribution de L214
- Hauteville : consultation du 16 juin au 16 juillet 2026
→ Contribution de L214 à venir courant juin
Des projets à contre-courant de l'évolution du secteur
Les quatre projets axonais prévoient des modes d’élevage parmi les plus intensifs de la filière :
- forte densité : au-delà du plafond légal pour Ervon, Surfontaine et Gizy (plus de 42 kg/m²). Chaque projet prévoit la construction d’un bâtiment d’environ 40 000 places, pour une production annuelle estimée à 300 000 animaux ;
- poulets issus de souche à croissance ultra-rapide entraînant de nombreuses pathologies documentées (troubles locomoteurs, lésions cutanées, problèmes cardiovasculaires et cas de mort subite) ;
- absence de lumière naturelle : éclairage artificiel en continu, dans le but d’optimiser la croissance des animaux au détriment de leurs besoins physiologiques ;
- confinement total : bâtiments fermés sans accès à l'extérieur.
Ces choix contrastent avec les engagements des leaders de la filière avicole vers un recul de la souffrance des poulets. Plus de 120 entreprises de l’agroalimentaire ont en effet déjà rejoint le European Chicken Commitment (ECC), un socle de critères visant à améliorer significativement les conditions d’élevage des poulets de chair (réduction des densités, abandon des souches à croissance rapide et accès à la lumière naturelle).
→ Voir les entreprises engagées sur l'ECC
Poulet à croissance rapide dans un élevage du Pas-de-Calais (photo L214 libre de droits)
Ces nouveaux projets vont donc à rebours des attentes sociétales et des engagements déjà pris par de nombreux acteurs de la filière.
Pour Isabelle Fernandez, porte-parole de l'association L214 : « Les engagements pris par de nombreux acteurs de la filière prouvent que les critères demandés par le European Chicken Commitment sont réalistes et réalisables. S’engager à respecter ces critères minimaux permet de réduire concrètement la souffrance de millions de poulets. S’y refuser, c’est ignorer les avancées scientifiques et maintenir des pratiques préjudiciables pour les animaux comme pour l’environnement. L214 poursuivra son travail d’information et appelle les entreprises à prendre leurs responsabilités en respectant l’ensemble des critères de l’ECC. »
Une menace pour l’environnement
Ces projets soulèvent plusieurs problèmes environnementaux.
Concernant l’eau, les dossiers minimisent systématiquement l'impact de ces élevages : consommation sous-estimée et risques de pollution sous-évalués.
Alors même que ces projets génèrent du méthane et du protoxyde d’azote, des gaz à effet de serre puissant, aucun des dossiers ne fournit de bilan carbone complet.
Plusieurs de ces projets menacent directement le site Natura 2000 des Marais de la Souche, une zone tourbeuse fragile particulièrement sensible aux apports d'azote et à l'ammoniac, avec des parcelles d'épandage situées jusque dans le périmètre même du site.
