Fin 2025, Coefficient Giving (anciennement Open Philanthropy) a renouvelé son soutien à L214 par un don de 5 803 189 dollars (4 955 000 euros) sur trois ans (2025-2028), dédié aux campagnes pour mettre fin aux pires pratiques en élevages. Un don public, tracé, mentionné dans chaque bilan, que le lobby agro-industriel Les Z'homnivores tente de transformer en scandale en tordant les faits. Mise au point.
Qu'est-ce que Coefficient Giving ?
Coefficient Giving est le nouveau nom de l'Open Philanthropy (OP). Son fonctionnement, ses critères d'attribution et la liste intégrale de ses bénéficiaires sont publics sur son site. Cette fondation oriente la majorité de ses financements vers la santé mondiale, la justice, la recherche scientifique, la biosécurité et la sécurité de l'IA. Le volet bien-être animal ne représente qu'une fraction minoritaire de ses engagements. Parmi les bénéficiaires du fonds dédié aux animaux, on trouve des ONG sur tous les continents. Le don attribué à L214 s'inscrit dans ce système de philanthropie internationale ordinaire.
Versé pour 3 ans, le don de Coefficient Giving représente environ 1,6 million d'euros par an, soit 15 à 20 % des ressources annuelles de L214. L'immense majorité de ses ressources provient des dons de plus de 60 000 membres. L214 ne perçoit aucune subvention publique.
Fausse polémique, fabriquée par l'industrie agroalimentaire
Ce don fait l'objet d'une tentative de polémique régulièrement relancée par le groupe Les Z'homnivores, qui le présente comme un versement annuel. C'est inexact : il s'agit d'une somme couvrant trois ans d'activité. Cette présentation erronée est au cœur de leur manœuvre.
Le don constituerait selon eux une ingérence étrangère visant l'agriculture française. Mettons les choses au clair : la philanthropie américaine n'est pas à l'origine des enquêtes et des campagnes de L214, qui existent depuis sa création en 2008 et continueront indépendamment de l'origine de ses donateurs. Et la philanthropie américaine n'est pas non plus à l'origine des 80 % de Français opposés à l'élevage intensif.
Les fondations philanthropiques soutiennent simplement les ONG qui produisent des résultats : L214 en fait partie. Quand l’industrie de la viande, cachée derrière les Z’homnivores, crie à l'ingérence étrangère, c’est une manœuvre de diversion pour éviter de répondre sur le fond aux attentes citoyennes qui s’expriment en France.
Qui sont les Z'Homnivores ?
Une association loi 1901 qui se présente comme un "think tank", dont ni le site internet ni le rapport d'activité ne donnent la moindre indication sur ses financeurs ni sur les montants qu'il reçoit. Les mentions légales du site laissent même en blanc le nom du directeur de la publication, remplacé par le placeholder "[Nom et prénom du dirigeant]". Un comble pour ceux qui viennent donner des leçons de transparence à une ONG.
Le site indique seulement avoir été "créé en 2017 par des acteurs agricoles et alimentaires", sans jamais nommer ces acteurs. Aucune page ne liste les membres fondateurs, le bureau ni les organisations partenaires.
Ce sont des enquêtes journalistiques qui viennent faire la lumière.
En 2017, des groupements de l'agroalimentaire breton et de la filière viande (Interbev Bretagne, UGPVB, ABEA, Produit en Bretagne), fondent cet organisme précisément en réaction aux premières avancées obtenues par L214 pour les animaux : commission d'enquête parlementaire sur les abattoirs, proposition de loi, engagements des distributeurs sur les oeufs de poules en cage.
Ces mêmes enquêtes ont révélé que les Z'Homnivores ont bénéficié de subventions publiques de la Région Bretagne : 140 000 euros entre 2022 et 2023, versés via Produit en Bretagne (Basta! - enquête réalisée en 2024), auxquels s'ajoute un financement privé des interprofessions dont le montant reste inconnu.
Un lobby de l'industrie agroalimentaire, bénéficiant d’argent public, qui enfile un costume de think tank pour attaquer une ONG. Le tableau est plus fidèle ainsi.
Transparence financière : une leçon pour la filière viande
L214 publie ses comptes chaque année au Journal officiel et sur son site. Le financement de Coefficient Giving est mentionné clairement dans chaque bilan depuis 2017. La page de transparence financière est mise à jour chaque année après validation des comptes par un commissaire aux comptes et adoption en Assemblée générale.
Une transparence dont certaines entreprises agroalimentaires et de la filière viande, comme Lactalis ou Bigard, s’affranchissent sans rougir malgré des obligations légales, à moins d’être assignées en justice.
Pour Brigitte Gothière, cofondatrice de L214 : « Ce don et cette confiance renouvelés de Coefficient Giving témoignent de l'efficacité des actions de L214 pour les animaux. Nous emploierons chaque euro, qu'il provienne d'un don modeste de particulier ou d'une grande fondation, à soulager le maximum de souffrances animales. Ces sommes restent dérisoires face au budget marketing de l’industrie de la viande. Mais notre détermination, portée par des milliers de citoyens, a toujours été le moteur de nos résultats. ».