Ce mercredi 6 mai 2026 à 10 h 45, le tribunal administratif de Dijon examinera la demande en référé de L214 visant à suspendre l’arrêté du 26 février 2026 qui autorise la reprise partielle de l’activité de l'abattoir de Cosne-Cours-sur-Loire (Nièvre). L214 s’inquiète de cette réouverture rapide alors que la situation au sein de l’établissement nécessitait des travaux conséquents et des formations renforcées.
Informations pratiques :
🕤 Mercredi 6 mai 2026 à 10 h 45
📍 Tribunal administratif de Dijon, 22 rue d'Assas, 21000 Dijon
Rappel des faits : une situation chaotique révélée en décembre 2025
Le 11 décembre 2025, L214 a diffusé une enquête montrant de graves dysfonctionnements pour l’abattage conventionnel de moutons, de vaches et de cochons à l’abattoir de Cosne-Cours-sur-Loire dans la Nièvre.
Les images montraient des installations et des équipements vétustes, dangereux et non conformes à la réglementation, ainsi que des pratiques et des comportements d’une violence extrême, et une violation systématique des règles minimales applicables lors de la mise à mort des animaux, et ce malgré la présence des services vétérinaires.
La préfète de la Nièvre avait immédiatement suspendu l’activité de l’abattoir. Selon l’arrêté de suspension, la vidéo de L214 « montre une perte de maîtrise des conditions d’amenée, d’immobilisation, de saignée, d’affalage et de hissage des animaux des espèces ovine, bovine et porcine [entraînant] des mauvais traitements à l’origine de souffrances évitables, objectivement observées chez la plupart des animaux ».
En parallèle de la publication des images, L214 a porté plainte pour sévices graves et mauvais traitements contre la société exploitant l’abattoir, son président et ses administrateurs.
→ Site de l’enquête de l’abattoir de Cosne
→ Lien du communiqué de presse de l'enquête
Une levée de suspension d’activité opaque : L214 saisit le juge administratif
Alors qu’elle avait expressément reconnu le « risque de soumettre de nouveau les animaux à des souffrances évitables » par arrêté du 26 février 2026, la préfète de la Nièvre a décidé de lever partiellement la suspension de l’activité de l'abattoir.
L214 a sollicité à plusieurs reprises la préfecture afin d’obtenir la preuve des mesures prises pour régulariser la situation de façon pérenne. En l’absence de réponse, l’association a saisi le juge administratif en urgence.
Avec ce référé, L214 souhaite s’assurer que l’ensemble des mesures correctives nécessaires ont bien été mises en place avant d’autoriser une réouverture. Un abattoir est un lieu de haute souffrance pour les animaux. Un abattoir non-conforme la décuple.
Pour Brigitte Gothière, cofondatrice de L214 : « Des animaux abattus en état de conscience, sans étourdissement de secours, malgré la présence permanente des vétérinaires... Ce que nos images ont révélé à Cosne-sur-Loire est insupportable.
C’est pourtant loin d'être un cas isolé, comme en attestent les dix condamnations de l’État déjà obtenues par notre association devant le juge administratif. Ces défaillances engagent à la fois l'exploitant et l'État, dont les services vétérinaires sont chargés de faire respecter la réglementation au sein des élevages et des abattoirs. La décision de lever la suspension, sans preuve que des mesures ont été prises pour éviter que les mêmes infractions ne se répètent, est incompréhensible et inacceptable ! L’opacité des élevages et des abattoirs doit impérativement cesser. »