Poulailler à Plessis-Barbuise : une étude d’impact insuffisante

Suite au recours déposé en juin dernier par L214 et l’association de riverains Protégeons nos assiettes, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a jugé ce 24 mars que l’arrêté du préfet de l’Aube autorisant un poulailler intensif à Plessis-Barbuise avait été délivré au terme d’une procédure irrégulière. Un délai de neuf mois a été octroyé pour régulariser la décision. 

S’il voyait le jour, ce mégapoulailler, en intégration avec le groupe DUC / Plukon, exploiterait 588 000 poulets par an.

→ Consulter le dossier sur le site de la préfecture

Des irrégularités notables qui nuisent à l’information du public

  • Insuffisance de la description de l’état initial de l’environnement

Le tribunal relève notamment l’absence d’inventaire faune-flore complet sur les parcelles d’épandage, y compris à proximité de zones protégées.

  • Évaluation des émissions de gaz à effet de serre insuffisante 

Le tribunal relève que l’étude d’impact ne comporte pas d’analyse complète des émissions générées par le projet (transport, alimentation, épandage).

  • Rejets de substances médicamenteuses

Le tribunal relève une insuffisance de l’étude d’impact concernant les risques de diffusion dans l’environnement de substances médicamenteuses, notamment via les effluents d’élevage.

Il est préoccupant de constater qu’un projet d’une telle ampleur ait été autorisé sur la base d’une étude d’impact manifestement incomplète. Une telle situation pose la question du respect des règles encadrant l’instruction des installations classées pour la protection de l’environnement.

Le préfet et le porteur de projet disposent de neuf mois pour régulariser le dossier. Le tribunal se prononcera ensuite à nouveau pour vérifier si les illégalités ont été corrigées.

DUC : toujours le pire de l’élevage intensif pour les poulets 

Plus de 120 entreprises se sont engagées à respecter les critères du European Chicken Commitment (ECC), un ensemble de critères  visant à bannir les pires pratiques d’élevage et d’abattage des poulets. En 2025, les groupes LDC (Le Gaulois, Marie) et Terrena (Père Dodu) ont à leur tour annoncé tourner le dos à la sélection génétique poussée des poulets et aux densités supérieures à 20 poulets par m². 

DUC accuse donc un retard conséquent par rapport à la majorité de ses concurrents.

Poulet agonisant dans un élevage DUC dans l’Yonne (photo libre de droits)

Poulet agonisant dans un élevage DUC dans l’Yonne (photo libre de droits)

Pour Isabelle Fernandez, porte-parole de l'association L214 : « Ce projet est une aberration face à l’urgence climatique, aux risques sanitaires et aux conséquences de l’élevage sur les animaux. Son autorisation sur la base d’un dossier lacunaire est scandaleuse ! Les élevages intensifs sont rejetés par 85 % des Français, il est nécessaire d’en sortir et donc de réduire la consommation de viande. L214 vise à diviser par deux le nombre d’animaux tués d’ici 2030. »



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