L214 se mobilise contre l’extension d’un élevage de cochons dans le Finistère

L214 a contribué à l’enquête publique portant sur la demande de la SCEA de Kerdadic d’agrandir son élevage intensif de cochons situé à Irvillac. En cas d’autorisation, le nombre d’animaux exploités sur place doublerait, passant de 2 352 à 4 872.

Les gérants de la SCEA de Kerdadic dirigent aussi les deux élevages qui avaient fait l’objet d’une plainte de L214 en 2019 pour des faits de maltraitance animale. L’enquête de la DDPP avait alors permis de relever près de 9 000 infractions. Ils ont depuis été définitivement condamnés.

Ce modèle d’élevage intensif fait peser de lourdes conséquences sur les animaux et sur l’environnement. Face à ces risques majeurs, L214 demande au commissaire enquêteur de rendre un avis clairement défavorable.

Informations pratiques :

📅 L’enquête publique, ouverte jusqu’au 11 février 2026
📝 L’observation de L214
🎥 La vidéo d’enquête L214
📕 Le rapport d’enquête

 

Un projet dangereux pour les animaux

Une main-d’œuvre insuffisante

La gestion quotidienne de l’élevage reposerait exclusivement sur les deux associés gérants, sans aucun salarié supplémentaire.

Ce manque de moyens humains ne permettrait ni une surveillance individualisée des animaux, ni le respect des exigences minimales en matière d’hygiène, de soins aux animaux et de prévention des risques sanitaires.

À la suite de la plainte déposée par L214 en 2019, les exploitants avaient été condamnés pour absence de soins aux animaux blessés. Des manquements graves aux règles d’hygiène avaient également été mis en évidence.

Un milieu de vie pauvre

L’enrichissement du milieu de vie des animaux joue un rôle déterminant dans la prévention de comportements anormaux tels que les stéréotypies et l’agressivité.

Or, aucune mention n’est faite de la mise en place de paille, copeaux de bois, jouets, cordes, objets à mâcher ou chaînes avec éléments suspendus, pour tenter de tromper l’ennui des animaux sur le long terme.

Ce manquement avait déjà été constaté lors de notre enquête et de notre plainte en 2019.

L’enrichissement du milieu est pourtant une obligation réglementaire1.

Un enfermement permanent

Les animaux de l’exploitation seraient élevés dans des bâtiments fermés, sans accès au plein air. Ces conditions d’élevage intensif empêchent l’expression des besoins et comportements fondamentaux des cochons : fouiller, explorer, interagir ou se déplacer librement.

Un sol inadapté pour les animaux

Les cochons vivraient exclusivement sur caillebotis, des sols nus en béton ou en plastique ajourés. Choisis pour leur facilité d’entretien, ces équipements sacrifient le confort et les besoins fondamentaux des animaux au profit d’une meilleure rentabilité financière et de la commodité pour les exploitants.

 

Un projet déconnecté de l’urgence environnementale

Aucune évaluation environnementale

Le projet n’a pas fait l’objet d’une évaluation environnementale, la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) n’ayant pas rendu d’avis dans les délais.

Cette absence d’avis ne peut en aucun cas être considérée comme une validation du projet. Elle prive le public et le préfet d’une analyse indépendante des impacts du projet sur les animaux et l’environnement.

Absence de bilan des émissions de gaz à effet de serre

Le dossier ne comporte aucun chiffrage précis des émissions de gaz à effet de serre générées par l’exploitation.

Les exploitants invoquent l’impossibilité de les quantifier, ce qui n’a aucun sens étant donné les pratiques actuelles des études d’impact des ICPE, où des bilans prévisionnels détaillés sont attendus.

Dans un contexte d’urgence climatique, cette absence de bilan est inacceptable et empêche toute appréciation sérieuse de l’empreinte carbone réelle du projet.

Des risques pour l’eau

Le projet augmenterait fortement les rejets de nitrates et de phosphore sur un territoire déjà fragilisé.

Une partie des épandages est en outre prévue dans le périmètre de protection rapprochée d’un captage d’eau potable, exposant directement la ressource à un risque de contamination.

Ces pollutions favorisent le développement des algues vertes, dont les impacts constituent un risque sanitaire grave.

 

Pour Isabelle Fernandez, porte-parole de l’association L214 : « On ne peut pas fermer les yeux sur l’historique des gérants de cet élevage. L214 a alerté, des faits graves ont été établis, et malgré cela, les gérants proposent de doubler le nombre d’animaux. C’est une fuite en avant qui fait peser des risques majeurs sur les animaux, l’environnement et la crédibilité de l’action publique.

Ce projet incarne un modèle obsolète basé sur l’exploitation massive des animaux. Il est urgent de réduire de moitié le nombre d’animaux tués pour l’alimentation en France d’ici 2030, plutôt que de poursuivre l’expansion de l’élevage intensif. »

1 L’arrêté du 16 janvier 2003 impose aux éleveurs d’intégrer un enrichissement approprié aux cochons.

 

 

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