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Nouvelle enquête chez Aqualande, leader de l’élevage de truites

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Triploïdie, utilisation d’hormones stéroïdiennes (testostérone), souffrance des poissons... : L214 demande la création d’une mission d’information

L214 révèle aujourd’hui une nouvelle enquête menée dans plusieurs piscicultures du Sud-Ouest ainsi que dans un abattoir de truites du groupe Aqualande. Aqualande est le principal producteur français, et également le plus gros producteur européen de truites, avec deux abattoirs et une cinquantaine de piscicultures partenaires. Trois truites fumées sur quatre vendues en France sont produites par le groupe (sous les marques Ovive, Landvika, Labeyrie ou en marque distributeur).

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Pour la première fois en France, ces images dévoilent l’envers du décor d’une filière opaque, inconnue du grand public. Pourtant 1 milliard de truites sont produites chaque année en Europe dont 18 % en France, soit 180 millions de poissons. Devant le refus de visites filmées, l’enquête a été menée en grande partie en caméra cachée. Tournées grâce à une caméra immergée, les images montrent le peu d’espace dont disposent les truites élevées pour leur chair. Elles vivent dans des bassins surpeuplés, du premier jour de leur vie jusqu’à leur chargement dans des camions pour l’abattoir.
Du fait de la promiscuité et des densités d’élevage très élevées, les poissons sont particulièrement sensibles aux maladies et souffrent de stress, d’agressions et de blessures. La surpopulation conduit à une mauvaise qualité de l’eau et à un manque d’oxygène chronique pour les poissons, qui respirent avec difficulté.

La filière piscicole a mis au point une méthode pour n’avoir, dans les élevages, que des truites femelles et stériles car celles-ci grossissent plus rapidement que les autres. Deux techniques sont utilisées conjointement : la production de néomâles (femelles masculinisées) dont la descendance sera forcément femelle et la triploïdie (qui entraîne la stérilité des truites).

- Les néomâles sont obtenus en alimentant les alevins avec des hormones stéroïdiennes, la méthyl-testostérone. Ils seront jetés à la poubelle après prélèvement de leur laitance.

- La triploïdie est le résultat d’une modification génétique obtenue par choc thermique ou pressurisation des œufs.

L’enquête révèle également des images de truites élevées en pisciculture bio. Les conditions d’élevage y sont équivalentes. Les traitements antibiotiques étant limités, les poissons malades sont mis au jeûne, ils sont donc affamés. On peine parfois à distinguer les truites dans l’eau tant sa qualité est médiocre. Elles évoluent ainsi dans un environnement insuffisamment oxygéné et crasseux, très similaire à celui des piscicultures standard.

Enfin, des images de l’abattage des truites ont pu être tournées, toujours au sein du groupe Aqualande. Les poissons sont déchargés sans ménagement après avoir été entassés et transportés dans des camions. Avant d’être saignés, ils sont asphyxiés dans un bain de CO2. Si le dioxyde de carbone permet de les immobiliser, ils ne perdent conscience qu’au bout de plusieurs minutes. Comme l’atteste une étude menée par l’EFSA, en plus d’être inefficace pour étourdir les animaux, cette pratique s’avère douloureuse, les poissons présentant des signes d’aversion lorsqu’ils sont plongés dans un bain de CO2.

Étant donné les conséquences dramatiques de la pisciculture pour les animaux, L214 demande qu’une mission d’information sur les conditions d’élevage et d’abattage dans la filière piscicole soit immédiatement mise en place à l’Assemblée nationale. L214 encourage également les consommateurs soucieux du bien-être animal à végétaliser leur alimentation afin d’épargner une vie de misère à des millions de poissons chaque année en France.

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Contacts presse :
Sébastien Arsac : 06 17 42 96 84

Isis La Bruyère : 07 82 59 49 79
Brigitte Gothière : 06 20 03 32 66

Aqualande, leader européen de la production de truites

Le groupe Aqualande, basé dans les Landes, est le principal producteur français de truites, et également le plus gros producteur européen. Il représente à lui seul 75 % de la production française de truites fumées. Au total, 450 millions d'œufs embryonnés de truites sont commercialisés par le groupe dans le monde entier chaque année (1er producteur mondial). Aqualande est détenu maintenant à 50 % par Labeyrie Fine Foods.

Les piscicultures et abattoirs du groupe Aqualande

La pisciculture, une production de masse

Loin d’être anecdotique, la production de truites concerne encore plus d’individus que l’élevage de la plupart des animaux terrestres. La consommation française de truites est actuellement en pleine croissance.

Au sein de l’Union européenne, le nombre de truites élevées avoisine le milliard d’individus et en nombre d’animaux concernés, elles sont la deuxième espèce la plus élevée après les poulets de chair. Par ailleurs, la France est le 4e plus gros producteur de truites après la Norvège, le Danemark et l’Italie. Elle représente ainsi plus de 18 % de la production de truites de l’UE, soit environ 180 millions d’individus chaque année.

En France, la consommation de truites connaît une hausse particulièrement importante ces dernières années, avec l’arrivée de nouveaux formats de consommation tels que la truite fumée, les œufs de truite, ou les pavés et darnes de truite fraîche, très similaires au saumon, et moins coûteux que celui-ci. Entre 2011 et 2016, la consommation française de truite fumée a ainsi augmenté de 73 %, et celle de truite fraîche de 53 %.

Aucune réglementation spécifique

Selon un sondage commandé cette année par Eurogroup for Animals et le CIWF, 79 % des Européens souhaitent que les poissons d’élevage bénéficient d’une protection similaire à celle des autres animaux d’élevage. Pourtant, aucune réglementation spécifique ne les protège à l’heure actuelle.

La souffrance des poissons, un fait scientifique

Les récentes recherches éthologiques portant sur les poissons attestent de leur capacité à ressentir des sensations comme la douleur. Ainsi, selon l’INRA, « la plupart des espèces animales, y compris les oiseaux et les poissons, sont équipées pour détecter et réagir à des stimuli nociceptifs. Les mammifères partagent avec les humains la plupart des structures cérébrales impliquées dans la perception consciente de la douleur, y compris sa composante affective négative. Les cerveaux d’oiseaux et de poissons ont des structures homologues à celles des mammifères, qui leur permettent vraisemblablement d’éprouver consciemment la douleur. »

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