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L’Œuf de nos Villages arrêtera l’élevage en cage

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Le 18/06/2018

Le groupement d’éleveurs s’engage

Le groupement d’éleveurs l’Œuf de nos Villages, dont la marque éponyme est l’une des plus vendues en grande distribution, vient de s'engager à ne plus proposer d’œufs issus d’élevages de poules en cage d’ici 2025 pour la totalité de sa production. Ce groupement composé de 400 éleveurs figure parmi les leaders de l’industrie de l’œuf en France. Après les consommateurs, les distributeurs et les restaurateurs, des producteurs décident à leur tour de se détourner de l’une des pires formes d’élevage. L’an dernier le groupe d’aucy, leader des ovoproduits, s’était également engagé à bannir l’élevage en cage de son approvisionnement. En revanche, d’autres acteurs comme le groupe Avril et sa marque Matines n’ont toujours pas fixé d’échéance pour la sortie des cages.

→ Liste des entreprises engagées en France

L’engagement de l’Œuf de nos Villages répond aux attentes d’une opinion publique largement favorable à l’interdiction de l’élevage en cage des poules pondeuses (90 % des Français, YouGov 2018). Cette annonce est d’ailleurs survenue peu de temps après la révélation de trois enquêtes par L214, témoignant du calvaire des poules en cage dans trois élevages français différents. L’actrice Sophie Marceau avait commenté les images de la troisième enquête et invité les députés à voter en faveur de l’interdiction l’élevage des poules en cage.

→ Voir les enquêtes

Pour Johanne Mielcarek, porte-parole de L214, « L'engagement de l’Œuf de nos Villages témoigne du changement possible et souhaité par l’ensemble de la société civile pour la fin de l’élevage en cage des poules pondeuses. Il est temps que les autres acteurs de l’industrie de l’œuf se montrent à l’écoute des citoyens et suivent l’exemple de l’Œuf de nos Villages en renonçant à ce mode d’élevage intolérable. »

Contacts presse

Poules en cage : trois vidéos “choc”

L’actrice Sophie Marceau a commenté l’une des trois vidéos d'enquêtes publiées par L214 à la fin du mois de mai dernier. L’une de ces vidéos mettait en cause la marque Matines, qui n’est toujours pas engagée publiquement à abandonner totalement l’élevage en cage.

Sur les images décrites par l’actrice, des cadavres de poules momifiés bloquent la circulation des œufs et l’état de saleté de l’élevage est manifeste. Clairement, l’inspection quotidienne obligatoire des poules n’est pas réalisée. Ces trois enquêtes successives contiennent des images choquantes d’oiseaux privés de toute liberté dans un bâtiment sale.

→ Communiqué du 14 mai (enquête 1)

→ Communiqué du 17 mai (enquête 2)

→ Communiqué du 20 mai (enquête 3, avec Sophie Marceau)

L’Assemblée a rejeté toutes les mesures en faveur des animaux

Le 27 mai dernier, les députés étaient appelés à se prononcer sur l’article 13 du projet de loi issu des États généraux de l’alimentation. Interdiction de l’élevage en cage des poules pondeuses, castration à vif des porcelets, broyage des poussins, contrôle vidéo dans les abattoirs… toutes les mesures en faveur des animaux ont été rejetées. Reste une opération de communication bien orchestrée.

Poules pondeuses : un amendement inutile qui ne fait qu’acter l’existant

Le stress était perceptible au moment de voter un amendement vide de sens : l’interdiction des nouvelles installations de poules pondeuses en cage. La majorité des députés s’est vivement inquiétée de l’avis de l’interprofession des producteurs d’œufs (CNPO). Rassurés par le ministre de l’Agriculture, ils ont voté cette « interdiction » à l’unanimité. Sur Twitter, le ministre a reconnu qu’il ne prenait pas de décision sans l’approbation de la filière avicole. Une confession choquante pour un ministre de la République...

Le tweet de Stéphane Travert

Qu’ont-ils voté ? L’interdiction de nouvelles installations, autrement dit rien puisqu’il n’y a plus d’installations ou d’extensions depuis plusieurs années faute de débouchés. Ainsi, un projet d’extension d’un élevage de 474 000 poules en cage en Saône-et-Loire, débuté en 2011, a été abandonné en 2014.
L’interdiction partielle des œufs de poules en cage n’a même pas été retenue, alors que c’était une promesse de campagne du candidat Macron, renouvelée à Rungis en octobre 2017 en tant que président de la République. Quant aux amendements prévoyant une interdiction totale de l'élevage en cage à date butoir, ils ont été refoulés à une majorité écrasante (59 voix contre... 5 en scrutin public) !

Le gouvernement et l’Assemblée nationale sont restés indifférents aux souffrances endurées par les poules pondeuses dans les cages et aux attentes sociétales de 90 % de Français favorables à une interdiction de ce mode d’élevage. Ils se cachent derrière un « plan de filière » non contraignant et peu ambitieux.

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