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Loi Alimentation : l’Assemblée nationale sous influence des lobbies de l’élevage intensif

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Le 28/05/2018

L’Assemblée a rejeté toutes les mesures en faveur des animaux

Hier, jusque tard dans la nuit, les députés étaient appelés à se prononcer sur l’article 13 du projet de loi issu des États généraux de l’alimentation. Interdiction de l’élevage en cage des poules pondeuses, castration à vif des porcelets, broyage des poussins, contrôle vidéo dans les abattoirs… toutes les mesures en faveur des animaux ont été rejetées. Reste une opération de communication bien orchestrée.

Pour Brigitte Gothière, cofondatrice de L214 : « Cette nuit, dans le discours des députés, le bien-être animal, le souci des éleveurs et des ouvriers d’abattoir ont été répétés en boucle. Dans les faits, l’obéissance aux filières de production intensive a été flagrante. Honteusement, les attentes de 90 % des Français ont été balayées d'un revers de la main par une assemblée fuyarde et lâche, plus soucieuse de ne pas contrarier la minorité bruyante des tenants de l'élevage industriel que d'une société toute entière révoltée par la cruauté de l'élevage intensif. »

Contacts presse :
Brigitte Gothière : 06 20 03 32 66
Sébastien Arsac : 06 17 42 96 84
Johanne Mielcarek : 06 02 37 02 60

Poules pondeuses : un amendement inutile qui ne fait qu’acter l’existant

Le stress était perceptible au moment de voter un amendement vide de sens : l’interdiction des nouvelles installations de poules pondeuses en cage. La majorité des députés s’est vivement inquiétée de l’avis de l’interprofession des producteurs d’œufs (CNPO). Rassurés par le ministre de l’Agriculture, ils ont voté cette « interdiction » à l’unanimité. Sur Twitter, le ministre a reconnu qu’il ne prenait pas de décision sans l’approbation de la filière avicole. Une confession choquante pour un ministre de la République...

Le tweet de Stéphane Travert

Qu’ont-ils voté ? L’interdiction de nouvelles installations, autrement dit rien puisqu’il n’y a plus d’installations ou d’extensions depuis plusieurs années faute de débouchés. Ainsi, un projet d’extension d’un élevage de 474 000 poules en cage en Saône-et-Loire, débuté en 2011, a été abandonné en 2014.
L’interdiction partielle des œufs de poules en cage n’a même pas été retenue, alors que c’était une promesse de campagne du candidat Macron, renouvelée à Rungis en octobre 2017 en tant que président de la République. Quant aux amendements prévoyant une interdiction totale de l'élevage en cage à date butoir, ils ont été refoulés à une majorité écrasante (59 voix contre... 5 en scrutin public) !

Le gouvernement et l’Assemblée nationale sont restés indifférents aux souffrances endurées par les poules pondeuses dans les cages et aux attentes sociétales de 90 % de Français favorables à une interdiction de ce mode d’élevage. Ils se cachent derrière un « plan de filière » non contraignant et peu ambitieux.

Contrôle vidéo en abattoir : expérimentation volontaire

Les débats autour du contrôle vidéo ont connu un scénario analogue.
Olivier Falorni, député de Charente-Maritime, à l’origine d’une proposition de loi qui avait abouti à l’adoption du contrôle vidéo par l’Assemblée nationale en janvier 2017 avant d’être abandonnée dans le projet de loi du gouvernement, s’est vu bâillonné par un dispositif de l’Assemblée nationale (« temps législatif programmé ») limitant son temps de parole et n’a pu qu’assister, impuissant, aux échanges d’arguments fallacieux. Il s’agit d’une atteinte préoccupante au débat démocratique.
Malgré les 80 % de chaînes d’abattage présentant des non-conformités, les députés se sont dissimulés derrière des paroles lénifiantes, en faisant référence à des cas isolés, à une confiance inconditionnelle aux dirigeants d’abattoirs ou en invoquant la non-stigmatisation des ouvriers.

La réalité est tout autre : ne pas se prononcer pour le contrôle vidéo en abattoir, c’est maintenir la pression sur les ouvriers qui y travaillent avec des cadences infernales, c’est fermer les yeux sur du matériel défaillant ou obsolète, et, bien sûr, ne pas se donner les moyens de repérer et caractériser les infractions qui accentuent les souffrances des animaux.
Le travail sérieux d’Olivier Falorni, pourtant reconnu par l’ensemble des députés, passe à la trappe et les abattoirs maintiennent leur opacité.

Des attentes fortes des citoyens, ignorées

Les parlementaires avaient la responsabilité d’ouvrir la voie à un changement de modèle agricole et alimentaire : fixer des échéances pour abolir les pratiques les plus cruelles, telles que les mutilations à vif des porcelets ou le broyage des poussins, prononcer l’interdiction des cages pour les poules et les lapins, renforcer le contrôle dans les abattoirs ou végétaliser progressivement l’alimentation. Au lieu de cela, ils ont choisi de s’en remettre aux filières de l’élevage intensif afin de favoriser des intérêts économiques de court terme, au mépris de l’éthique, des impacts sur l’environnement, sur la santé et à contre-courant des attentes des consommateurs.

En choisissant l’inertie, l’Assemblée nationale et le gouvernement sont restés sourds aux demandes des Français. Alors que 67 % de ces derniers considèrent que les animaux sont mal défendus par les politiques*, le spectacle pathétique offert par la représentation nationale ne peut que leur donner raison. Plus encore, ce sont les souffrances insupportables de millions d’animaux élevés puis abattus chaque jour que les députés ont choisi d’ignorer. En prenant la décision d’avancer à contre-sens de l’histoire, nos députés ont raté un rendez-vous : celui de l’engagement de notre société vers plus de justice et de compassion au bénéfice de tous.

*Sondage IFOP de 2018, source @30 Millions d'Amis.

Contacts presse :
Brigitte Gothière : 06 20 03 32 66
Sébastien Arsac : 06 17 42 96 84
Johanne Mielcarek : 06 02 37 02 60

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