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Autriche : septième semaine du procès

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Résumé de "Notes from the Animal Protection Trial – Week  7", publié sur le site de VGT, le 06/05/10

Nouvelles règles :

Des policiers en uniforme sont présents à l’extérieur du tribunal, et dans la salle d’audience se trouvent entre 40 et 50 policiers stagiaires, qui occupent les places destinées au public, empêchant ainsi de nombreux sympathisants et des parents des inculpés d’assister aux audiences. D'autre part, si des places réservées se retrouvent vacantes, elles ne peuvent pas être occupées par d’autres personnes.

Il faut désormais montrer sa carte d’identité pour pouvoir assister au procès.

Il est interdit de filmer à l’intérieur du tribunal. Jusqu’à la semaine dernière, il était permis de le faire en dehors des débats ou à l’extérieur de la salle d’audience.

Première journée

L’expert linguiste

La juge a ouvert la séance en annonçant aux avocats de la défense qu’elle rejetait leur requête - à savoir qu’il ne soit pas tenu compte du témoignage de l’expert linguiste Schweiger. Les avocats avaient fait cette demande à cause d’une interview publiée dans un journal où il était manifeste que l’expert avait un préjugé défavorable envers les inculpés. (Ils ont réitéré leur demande, cette fois en raison d’une lettre de Schweiger destinée au Ministère public dans laquelle il disait avoir été informé par la police de l’existence de nouveaux soupçons et qu’il travaillait à les confirmer. La juge a remis sa décision à plus tard.)

Campagne contre la fourrure : P&C et Fürnkranz

Le directeur général du magasin de vêtements P&C a été entendu par la Cour. Il a parlé de la campagne menée pour que le magasin cesse de vendre de la fourrure, a reconnu parmi les inculpés certaines personnes qui avaient participé à des manifestations légales et a qualifié leur comportement d’amical et pacifique. Il a par la suite expliqué que le siège social de P&C, en Allemagne, avait décidé d’arrêter la vente de fourrure, peut-être, selon lui, par souci pour la sécurité personnelle de son propriétaire. La défense a produit le communiqué de presse dans lequel P&C annonçait que le magasin renonçait à la fourrure et il n’y était pas fait mention de la campagne anti-fourrure.

Ensuite ce fut le témoignage du directeur du magasin Fürnkranz. Il fit référence au commencement de la campagne où il avait eu des échanges par e-mail avec l’un des inculpés, qui s’était montré toujours très poli. L’entreprise avait décidé de cesser ses commandes de manteaux de fourrure, mais pas celles de vêtements avec une garniture en fourrure. Cette décision n’avait pas eu pour origine la campagne, mais le fait que les ventes de fourrure avaient chuté de 500% - les campagnes animalistes ayant “porté leurs fruits.”

Les questions des inculpés et de leurs avocats se sont concentrées sur le fait que l’association Four Paws, qui n’est pas accusée, menait aussi des actions contre ces magasins. Ils ont aussi fait valoir que les campagnes n’avait pas affecté le chiffre d’affaires de P&C. La juge a tenté d’ignorer ce point mais les avocats ont dit que c’était très important puisque l’accusation de coercition reposait sur la possibilité de prouver que la décision de Fürnkranz était due à la peur d’une baisse des bénéfices suite à la campagne, comme cela avait été le cas pour P&C. Or, les avocats ont montré que P&C avait prospéré durant la campagne, que les autres magasins le savaient et que l’affirmation de l’accusation selon laquelle les campagnes constituaient des menaces pour la santé économique de ces entreprises ne tenait pas.

Deuxième journée

Campagne contre la fourrure : Kleider Bauer

Le témoin suivant fut le directeur général de Kleider Bauer. Il a expliqué que l'entreprise avait reçu en 2006 un courrier de l'association Four Paws ; elle demandait aux magasins Kleider Bauer de signer une lettre déclarant qu’ils cesseraient la vente de fourrure à une période donnée et que s'ils s’y refusait, l’association les ajouterait sur sa liste noire. Il n’avait pas répondu à Four Paws, pas plus qu’au deux mails de Felix Hnat - demandant également à l’entreprise d’arrêter la fourrure à une période donnée, ni à celle de VGT annonçant que la campagne allait commencer, son entreprise ayant décidé de ne répondre à aucune approche de la part d'organisations animalistes. Les mails envoyés par les associations - absents des dossiers, furent projetés sur le mur.

Manifestations.

Questionné sur les manifestations, le directeur général de Kleider Bauer a dit que celles-ci avaient lieu les vendredis et samedis devant environ 10 magasins Kleider Bauer en Autriche - soit une centaine par an, et il a montré à la Cour des photos où l’on voyait des gens avec des banderoles, d’autres distribuant des tracts, et des photos d’animaux élevés pour la fourrure accrochées à l’extérieur du magasin. Il a ensuite prétendu que des manifestants insultaient les clients et restreignaient l’accès au magasin. Il a aussi montré des photos de marche contre la fourrure.

La juge lui a demandé si les manifestations avaient changé après mai 2008, mois des arrestations. Le témoin a répondu qu’il ne pourrait pas le dire exactement mais qu’un mail d’un employé disait qu’elles étaient devenues, dans l’ensemble, pacifiques. La défense objecta que ce n’était pas l’opinion du témoin mais d’un tiers et la juge a décidé que ce type de mail ne serait lu au tribunal qu’après avoir été examiné de près.

Le témoin a poursuivi en expliquant qu’il avait cherché à savoir si les manifestations appelant au boycott était légales ou non. Le bureau central de la police fédérale lui avait dit qu’il serait difficile d’interdire ces manifestations, mais l’Institut universitaire de droit constitutionnel avait conclu qu’elles étaient illégales.

Actes de vandalisme

Le témoin a parlé d’actes de vandalisme commis à l’encontre des magasins Kleider Bauer: une vitrine brisée, avec “fourrure égale meurtre” écrit à l’entrée; une “attaque avec une arme “ - selon la police il s’agissait d’un trou fait dans une vitrine avec un pistolet à balle captive. Questionné sur le montant des dommages, il a répondu qu’il n’en savait rien, qu’il faudrait demander à son frère. Questionné sur la réaction de la compagnie d’assurance concernant l’incident, il a répondu aussi qu’il n’en savait rien et a poursuivi en racontant qu’il y avait des jours d’action “téléphone“ durant lesquels les lignes étaient continuellement occupées avec des appels de personnes, de sorte qu’il était impossible aux clients de joindre l’entreprise. Celle-ci continue de recevoir un énorme courrier de protestation. Il évoqua ensuite d’autres actions; un run-in, et des boules puantes lancées dans deux magasins, à Vienne et à Graz, en conséquence de quoi l’un d’eux avait dû être fermé pendant 3 semaines.

Questionné par la juge sur ce que les fourrures représentaient en pourcentage de vente des magasins Kleider Bauer, il a répondu : moins de 1%.
Est-ce profitable ? A-elle ensuite demandé.
- Aucune importance. Cette campagne me ferait accrocher un manteau de fourrure dans la vitrine, même si c’était le dernier.
- Ces manifestations ont-elles eu des conséquences sur le chiffre d’affaire ?
- Les jours de manifestations, le chiffre d’affaire était moindre.
Le procureur demanda s’il y avait eu d’autres actions depuis les arrestations, à quoi le témoin répondit qu’une vitrine avait été brisée et deux autres rayées.

Contact avec le chef de la police

Il fut rappelé que le témoin avait contacté la police en 2007 après que sa voiture ait été endommagée. Il avait téléphoné au Ministère de l’intérieur le jour suivant, qui l’avait convié à une réunion avec le directeur de la police.

Comment se fait-il, a demandé un avocat de la défense, que le directeur de la police ait été impliqué presque immédiatement, alors qu’à Vienne, il y a des cas de vandalisme en permanence ? Il rappela ensuite que le compte rendu de cette rencontre indiquait que la police n’avait trouvé aucune relation entre les délits et les manifestations. La juge demanda au témoin s’il était au courant de ce fait. Le témoin répondit qu’il n’était pas présent à cet entretien lorsque cela avait été dit. Le procureur ajouta qu’il n’y avait pas encore eu d’enquête judiciaire de la part des services du Ministère public de Wiener Neustadt. Un inculpé précisa alors que, par contre, les services du Ministère public de Vienne enquêtaient bien avant cette rencontre.

Les avocats de la défense ont mis en lumière nombre d’incohérences entre les déclarations du témoin à la police, et ce qui était mentionné dans des documents ou dans les dossiers du Ministère public. Ils ont ensuite démontré - presse professionnelle du textile à l’appui, qu’il était fort probable que le témoin savait que l’activité économique de P&C était florissante durant la campagne anti-fourrure. La juge déclara - en contradiction avec ses propos précédents sur le sujet, que cette question était très importante et qu’elle se procurerait les documents officiels pour l’examiner.

A la fin de l’audience, le témoin annonça que Kleider Bauer portait plainte contre un des avocats de la défense, contre son client Martin Balluch, et contre un site Internet, pour diffamation, - en raison d’une interview donnée par cet avocat, et qu’il réclamait, de chacun d‘eux 30 000 euros de dommages et intérêts.

(Lors d'une conférence de presse, qui s'est tenue cette même semaine, au sujet d’un rapport de 2009 du ministère de l’Intérieur sur le terrorisme durant ces dernières années, il a été dit que seulement trois crimes reliés à la cause animale avaient eu lieu en Autriche l’année dernière et qu’on pouvait en conclure que les leaders de “l’organisation criminelle” étaient actuellement sur le banc des accusés. Ce rapport identifie comme activités d'une organisation criminelle des activités parfaitement légales.)

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