À Châteauneuf-sur-Isère, dans la Drôme, la société d’Éric Thomas veut agrandir son élevage intensif de poulets pour le compte de la société DUC, avec l’objectif d’abattre près de 500 000 poulets chaque année.
Densités extrêmes, souches à croissance ultra-rapide, enfermement permanent des animaux : le projet repose sur les pires pratiques d’élevage et va à rebours des engagements pris par les leaders de la filière avicole. Cet élevage entraînerait également une dégradation de l’environnement.
Le projet a été présenté dans le cadre de la consultation du public. L214 s’y oppose fermement et a déposé une contribution argumentée auprès du commissaire-enquêteur.
Documents utiles
→ La consultation publique, ouverte jusqu’au 3 novembre 2026
Un projet à rebours des évolutions de la filière
Plus de 120 entreprises de l’agroalimentaire ont déjà rejoint le European Chicken Commitment (ECC), un socle de critères visant à améliorer significativement les conditions d’élevage des poulets de chair. Pourtant, DUC fait le choix inverse :
- densité record : jusqu’à 42 kg/m² (l’ECC impose de ne pas dépasser 30 kg/m², soit 12 à 15 poulets/m²) ;
- recours à une souche à croissance ultra-rapide : les oiseaux de cet élevage grossissent jusqu’à quatre fois plus vite qu’en 1950, ce qui entraîne de nombreuses pathologies.
S'y ajoute un confinement total : les poulets seront élevés intégralement en bâtiment fermé, sans accès à un parcours extérieur.
→ Voir les entreprises engagées sur l’ECC

Poulet à croissance rapide dans un élevage du Pas-de-Calais (photo L214 libre de droits)
Des conséquences sur l’environnement et les riverains
Pour Sébastien Arsac, porte-parole de l’association L214 : « Les engagements pris par de nombreux acteurs de la filière prouvent que les critères demandés par le European Chicken Commitment sont réalistes et réalisables. S’engager à respecter ces critères minimaux permet de réduire concrètement la souffrance de millions de poulets. En refusant de s'y engager, DUC choisit d'ignorer les avancées scientifiques et de maintenir des pratiques préjudiciables aux animaux comme à l’environnement. L214 poursuivra son travail d’information et appelle les entreprises à prendre leurs responsabilités en respectant l’ensemble des critères de l’ECC. »
Le dossier affirme que l’extension de l'élevage n’augmentera pas les émissions polluantes, mais ses calculs sous-évaluent notamment l’impact du soja OGM importé d’Amérique (Nord et Sud), ainsi que les émissions d’ammoniac, de méthane et de protoxyde d’azote.
Cet élevage aurait également des conséquences inévitables pour les riverains. En effet, trois habitations se trouvent à moins de 300 mètres de l’élevage, dont la plus proche à 195 mètres du bâtiment existant. Le doublement de la capacité de l’élevage entraînerait davantage d’odeurs, d’émissions polluantes, de camions et d’épandages.