La préfecture du Loiret donne son feu vert au projet d’élevage intensif de poulets porté par LDC via la société Huttepain Aliments, à Vieilles-Maisons-sur-Joudry. L214 conteste cette décision qui autorise LDC à tripler la capacité du site pour atteindre une production annuelle de plus de 745 000 poulets.
Par son ampleur, ce projet figure parmi les plus grands élevages de poulets envisagés dans le département.
Des conditions d’élevage incompatibles avec les besoins des poulets
L’élevage fonctionnerait avec une densité pouvant atteindre 22 poulets par m². Les poulets partiraient à l’abattoir à 32 jours seulement, signe du recours à une souche à croissance ultra-rapide.
Ce projet est en contradiction avec la transition vers de meilleurs standards d’élevage que LDC affirme vouloir engager.
En effet, comme plus d’une centaine d’entreprises de l’agroalimentaire, LDC a rejoint en 2025 le European Chicken Commitment (ECC), un socle de critères visant à améliorer les conditions d’élevage des poulets de chair, pour ses marques Le Gaulois et Maître Coq, et pour approvisionner ses clients engagés dans la même démarche.
L214 tire la sonnette d’alarme : en développant à Vieilles-Maisons-sur-Joudry un élevage moins exigeant que l’ECC, LDC concurrence et ralentit la transition qu’il affirme vouloir engager. Si le groupe veut réellement démocratiser l’ECC et permettre à ses clients d’honorer leurs engagements en 2028, sa priorité doit être de développer des élevages qui en respectent tous les critères.
Un projet à risque pour l’environnement
Les conséquences environnementales du projet sont également inquiétantes.
L’augmentation de 175 % du nombre d’animaux s’accompagnerait d’une hausse des émissions de protoxyde d’azote (gaz au pouvoir de réchauffement 273 fois supérieur à celui du CO₂) ainsi que des émissions liées à l’augmentation du trafic routier. L’étude d’impact ne présente pourtant aucun bilan carbone global.
Le projet contribuera par ailleurs à l'eutrophisation des cours d'eau et à l'acidification des écosystèmes aquatiques via une hausse des émissions d'ammoniac.
Des nuisances pour les riverains
Ce projet exposera les riverains à des nuisances olfactives, sonores et à des poussières qu'aucune mesure ne prévoit d'atténuer. L'habitation la plus proche, à 80 mètres seulement, subira de plein fouet les odeurs, les émissions d'ammoniac ainsi que les nuisances liées aux enlèvements d'animaux. Avec 91 passages nocturnes de camions par an et un trafic en hausse de 48 %, la tranquillité du voisinage ne peut être préservée.
Pour Isabelle Fernandez, chargée de campagne de l'association L214 : « Cette décision valide un modèle d'élevage intensif qui a des conséquences catastrophiques sur les animaux, l'environnement et la santé des riverains. Nous déposons un recours auprès du tribunal administratif et appelons à un moratoire sur les élevages intensifs. Il est urgent que les politiques publiques évoluent pour empêcher le développement de projets causant des souffrances évitables aux animaux : c’est précisément ce que nous proposons avec notre campagne le Sauvetage du siècle. »