Épisode 1

FNSEA : Histoire d’un syndicat qui a sacrifié l’agriculture

L’agriculture intensive en France

L’agriculture aujourd’hui en France, c’est 28 millions d’hectares de terres agricoles et 40 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour la filière élevage. Ce modèle productiviste est soutenu par le syndicat agricole dominant, la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), au mépris des enjeux climatiques et sociaux.

La naissance de la FNSEA et le remembrement

La FNSEA a été créée en mars 1946 sous l’impulsion du ministre François Tanguy-Prigent, dans le cadre de la reconstruction d’après-guerre. Dans les années 1960, la FNSEA s’est donnée pour mission de moderniser et d’industrialiser l’agriculture, et a favorisé les transformations radicales du paysage agricole français. 

Parmi ces transformations, le remembrement joue un rôle clé. Cette procédure vise à regrouper des petites parcelles morcelées en exploitations plus vastes. En concentrant ainsi les terres, certains agriculteurs ont constitué de grandes exploitations, ce qui leur a permis de bénéficier des avancées technologiques. 

Ceux qui ne pouvaient pas suivre cette course à l’agrandissement n’ont pas eu d’autre choix que de quitter leur métier, souvent pour devenir ouvriers d’usine. Le remembrement impulsé par la FNSEA a entraîné une diminution drastique du nombre d’agriculteurs, passant de 5,1 millions en 1955 à 400 000 en 2020.

Source : Insee, ministère de l’Agriculture, Bourgeois L., Demotes-Mainard M., 2000.

Les exploitations s’agrandissent, les volumes de production doublent, mais, en parallèle, le nombre d’agriculteurs s’effondre.

Le rôle de la FNSEA sur l’industrialisation de l'agriculture française

L’agriculture française passe d’un modèle traditionnel à un système industrialisé, sous l’influence majeure de la FNSEA. Les élevages intensifs se développent : monoculture avec de grandes cultures céréalières, mécanisation, enfermement des animaux dans des espaces de plus en plus réduits, utilisation massive d’antibiotiques. L’impact sur la production est énorme : un agriculteur pouvait nourrir 6 500 personnes en 2000, avec des exportations dépassant de 40% les importations.

* en kgCO2e/kg.

Source : Poore & Nemecek (2018), Bonpote.com, Ourworldindata.com

L’impact des produits animaux, comparé à celui des végétaux, sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) est significatif. Les principales raisons sont :

En France, le secteur agricole est la deuxième cause du réchauffement climatique.

Le lourd bilan de l’agriculture intensive

L’adoption et la promotion d’une agriculture intensive par la FNSEA contribue à la destruction de la biodiversité et des écosystèmes, ainsi qu’à l’épuisement des ressources. Le développement de l’élevage intensif engendre des conditions de vie catastrophiques pour les animaux.

Chaque année, 1,2 milliard d’animaux issus d’élevages français sont abattus, et 80 % d’entre eux proviennent d’élevages intensifs, sans accès à l’extérieur ni lumière naturelle. Selon leur espèce, ils sont enfermés dans des cages, entassés dans des bâtiments, des enclos, des bassins, souvent sans règles minimales de protection animale, ou avec des exigences dérisoires.

Les agriculteurs sont confrontés à des conditions de vie difficiles (jusqu’à 90 h de travail par semaine pour gagner à peine le smic) et à un endettement massif, malgré les 76 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel du secteur.

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Tous les épisodes de la série

Épisode 1 : Un syndicat au lourd bilan

Épisode 2 : Le malaise des éleveurs

Épisode 3 : La mafia de l'agroalimentaire ?

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