
Bonjour
En 2020 et 2021, nos vidéos d’enquêtes de l’élevage de cochons du GAEC du Roover fournissant Herta ont montré une réalité insoutenable : des porcelets tués par claquage, des cochons privés d'eau, des animaux blessés laissés sans soins, les queues coupées de façon systématique.
Ces images ont révélé des mauvais traitements.
À la suite de leur diffusion, nous avons porté plainte et les autorités ont été contraintes d'agir.
Ces images ont conduit à deux condamnations.
L'éleveur a d'abord été condamné en 2023 pour avoir privé les animaux de nourriture et d'eau et les avoir maintenus dans des conditions leur causant des souffrances. Puis l'État lui-même a été condamné en 2025 pour avoir failli à sa mission de contrôle et de correction des pratiques de cet élevage.
Ces images ont informé le public.
La cour d'appel de Colmar reconnaît elle-même qu'elles ont contribué à un débat d'intérêt général. Sur nos réseaux sociaux, les vidéos cumulent plus d’un demi-million de vues, et ces enquêtes ont fait l’objet de plus de 100 articles dans les médias classiques.
Et pourtant.
La cour d'appel de Colmar vient de nous ordonner de retirer ces vidéos.
Elle reconnaît qu'elles ont permis des contrôles, conduit à deux condamnations et contribué à un débat d'intérêt général. Mais elle estime que cinq ans après les faits, rien ne justifie qu'elles soient encore visibles.
Autrement dit : des vidéos reconnues utiles par la justice doivent aujourd'hui disparaître, au seul motif qu'elles ont cinq ans.
Nous appliquons cette décision. Mais nous la contestons, et L214 se pourvoit en cassation.
Les élevages sont des lieux fermés au public. Sans enquêtes, il est quasi impossible de savoir ce qui s'y passe réellement.
Ces vidéos n’expriment pas une opinion. Elles montrent des faits. Les faire disparaître ne changera rien aux faits qu'elles ont révélés. En revanche, cela rend encore plus difficile, chaque fois, l'information du public sur la réalité de l'élevage intensif.
Les procédures-bâillons destinées à faire taire les associations se multiplient. Nous résistons.
Nous poursuivrons notre travail d’enquête et continuerons à défendre devant les tribunaux le droit d’informer sur la réalité des élevages.
Nous ne lâcherons rien.
Merci d'être à nos côtés.
L’équipe de L214