Communiqué de presse L214 - Éthique & Animaux

Le 29/01/2014

Graves non-conformités dans les abattoirs

La Commission européenne épingle les services vétérinaires français

Graves non-conformités, insuffisances de personnel et de formation, manque d'efficacité des contrôles, protection animale défaillante, risques sanitaires : telles sont les conclusions du dernier audit effectué en France par l'Office Alimentaire et Vétérinaire européen qui s'intéresse particulièrement au respect de la réglementation et aux contrôles des autorités dans les abattoirs de volailles et de lapins.

Ce rapport de l'OAV met en lumière une fois de plus l'incapacité des abattoirs à respecter la réglementation qui encadre les risques sanitaires et pose une limite aux souffrances qu'endurent inévitablement les animaux au moment de leur mise à mort. D'un côté des animaux mal étourdis, preuve s'il en fallait encore du manque de considération dont ils sont victimes par millions au quotidien. De l'autre des contrôles ante et post mortem non conformes qui soulèvent des questions d'ordre sanitaire. Ce constat est aggravé par l'inaptitude des autorités françaises à effectuer un nombre suffisant de contrôles, de la quasi-absence de suivi et du manque de mesures contraignantes en cas de non-conformités.

Graves non-conformités dans les abattoirs

Dans les rapports précédents de l'OAV, les contrôles en élevage étaient également notés insuffisants avec des systèmes de sanctions inappropriés. Pourquoi les audits de l'OAV, qui épinglent des non-conformités à chacune de ses visites, ne conduisent pas l'Union Européenne à contraindre la France à respecter ses engagements ?

Le 1er janvier 2013, l'ensemble des élevages porcins européens devaient être aménagés avec des cases collectives pour les truies gestantes. La France fait partie des pays n'ayant pas respecté cette échéance plus d'un an après la date d'application. Une lettre de rappel vient de lui être adressée. Terrifiant.
Il en va de même pour l'application des normes de protection animale notamment dans les élevages de poules pondeuses, de poulets, de canards à foie gras : la France ne respecte pas ses engagements et l'Union européenne ne l'y contraint pas.

« "Ne vous inquiétez pas, il y a des normes" : la réglementation ne sert qu'à rassurer les consommateurs et à leur faire oublier le calvaire des animaux. Les normes s'ajoutent les unes aux autres à chaque scandale pour le faire oublier. A quand la fin des oeillères ? » s'interroge Brigitte Gothière, porte-parole de L214.

Contact presse :
Brigitte Gothière : 06 20 03 32 66
Johanne Mielcarek : +32 493 428 172

Dans tous les abattoirs contrôlés, le rapport d'audit de l'OAV souligne d’importantes non-conformités au niveau des inspections ante mortem et post mortem ainsi qu’au niveau de la protection des volailles au moment de l’abattage.
L'ensemble du rapport est consultable en ligne.

→ Consulter le rapport de l'OAV

Vous trouverez ci-dessous quelques-unes de leurs constatations.

Absences de vétérinaires et d'auxiliaires

Dans tous les abattoirs contrôlés, les vétérinaires ou les auxiliaires officiels n'étaient pas présents en permanence alors que les abattages devraient être soumis à leur supervision permanente. Au mieux, leur présence était de 1 à 2 jours par semaine ou d'un tiers de la journée chaque jour. Dans ces établissements, les inspections ante mortem sont donc effectuées le plus souvent par le personnel de l'abattoir et non par un vétérinaire officiel comme le prévoit la législation de l’UE.

Formation insuffisante du personnel

Dans les établissements contrôlés, la DDPP et l’abattoir ont fourni des preuves de participation du personnel à différentes sessions de formation. Des tests de compétence avaient même été mis en place. Dans un abattoir visité, des résultats insuffisants ont été relevés pour cinq tests d’évaluation consécutifs réalisés depuis 2012 sur une chaîne d’abattage de dindes. Malgré les demandes en ce sens du vétérinaire officiel, aucune mesure corrective adéquate n’a été prise par l’abattoir afin d’améliorer les performances du personnel participant à ces inspections. Dans un autre abattoir visité, ces tests de compétence n’avaient même pas encore été effectués.

Étourdissements ratés

Outre un manque de vétérinaires et une formation insuffisante des employés d'abattoir, l’OAV a décelé que les paramètres d'étourdissement par électronarcose des animaux étaient incorrects : les animaux n'étaient pas suffisamment étourdis, parfois seulement immobilisés au moment de la saignée. De nombreuses volailles présentaient toujours des signes de conscience (réflexe cornéen, respiration rythmée, importants battements d’ailes et même soulèvement de tête).
Le non-respect de la réglementation aggrave une situation déjà terrible pour les animaux.

Contrôle des abattoirs

Si quelques non-conformités avaient bien été relevées par les autorités françaises, elles n'avaient pas été corrigées et la plupart d'entre elles leur avait échappé. L'OAV a souligné l'inefficacité des mesures contraignantes et l'absence de suivi visant à faire respecter la réglementation dans les abattoirs.

Alerte sanitaire

Extrait du rapport : « Dans l’un des abattoirs visités, l’équipe chargée de l’audit a observé que depuis le début de 2012, les résultats des échantillons de peau du cou étaient systématiquement non conformes et que la présence de Salmonella Indiana a été régulièrement détectée. Malgré sa présence fréquente dans l’établissement, l’autorité compétente n’a pris conscience de ce problème qu’à l’issue de sa dernière inspection en mai 2013. »

Contact presse :
Brigitte Gothière : 06 20 03 32 66
Johanne Mielcarek : +32 493 428 172

À propos de L214

L214 est une association de protection animale centrée sur les animaux utilisés dans la consommation alimentaire (viande, lait, œufs, poisson). Elle articule son travail sur 3 axes complémentaires :

  • Rendre compte de la réalité des pratiques les plus répandues, les faire évoluer par des campagnes d’information et de sensibilisation. Repérer et tenter de faire sanctionner les pratiques illégales par des actions en justice. Travailler à l’évolution de la réglementation.
  • Démontrer l’impact négatif de la consommation de produits animaux (terrestres ou aquatiques) et proposer des alternatives : diminution de la consommation, refus des produits issus de l’élevage intensif et promotion de l’alimentation végétarienne.
  • Nourrir le débat public autour de la place accordée aux animaux.
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