Ouvrons les yeux sur l'élevage, la pêche et les abattoirs
→ menu : parcourir le site ←

Vie de cochon

Partager / Diffuser cette page

Plus de partage
 

Des cochons comme les autres

Comme les sangliers, les porcs sont des animaux sociaux, vivants en hardes, diurnes, mettant au monde des portées nombreuses. Leurs groupes sont hiérarchiques, une hiérarchie stable au cours du temps qui est basée sur le poids des animaux : le plus gros est celui qui dirige. Les conflits sont dès lors rares. S'ils vivent en groupe, ils ont aussi besoin de pouvoir se retirer. Ils ne défèquent pas dans leur espace de sommeil. Cet espace de repos est propre, sec et moelleux. Ils s'y allongent alors sur le côté lorsque la température est suffisante. Ils se serrent les uns contre les autres lorsqu'il fait froid. Ils sont omnivores et passent une grande partie de leur temps à explorer, à fouir, à chercher de la nourriture. Ils parcourent ainsi plusieurs kilomètres par jour. Les truies se construisent des nids avant leur mise bas et se tiennent alors à l'écart du groupe. C'est une activité intense pour elles, aussi importante que de s'alimenter. Dans le nid ainsi créé, elles peuvent se tourner. Elles restent exclusivement avec leurs petits jusqu'à leurs deux semaines. Ensuite elles rejoignent leur groupe. Le sevrage n'intervient qu'au bout de 3 à 4 mois (moins de 1 mois dans les élevages).

Adaptation de force

Dans les élevages, les porcs sont maintenus nombreux dans des espaces nus et extrêmement réduits : impossible d'y parcourir des kilomètres et d’y mener des activités variées comme le font spontanément les cochons. Images tournées en France en 2007, 2008 et 2010.

Lire "Indignation - l'élevage des cochons"

Pour limiter les pertes liées à ces conditions de cohabitation imposées, les porcs subissent peu après leur naissance des opérations douloureuses telles que la coupe des queues ou le meulage des dents. Selon la réglementation en vigueur, ces opérations ne devraient pas être systématiques. Pourtant elles le sont dans la majorité des cas. Cela n'empêche pas des agressions parfois violentes entre les animaux. En effet, les dimensions des parcs n’autorisent aucune fuite, et l'élevage en bande ne permet pas de déterminer une hiérarchie stable puisque tous les animaux ont quasiment le même poids et le même âge. Depuis 2003, le "milieu de vie" des cochons doit être "enrichi" : un peu de paille, des chaînes qui pendent ou des objets au sol. Dans les faits, peu d'élevages se conforment à cette obligation communautaire alors qu'elle est une des pistes pour diminuer les agressions.

Pour le goût du consommateur : la castration

En France, dès leur plus jeune âge, les mâles sont castrés sans anesthésie. En effet, leur chair est susceptible de dégager en cours de cuisson une odeur jugée désagréable par le consommateur. 
Bien que cette odeur ne se développe que chez 3% des verrats, en France, on castre à vif la totalité des porcs mâles conduits à l'engraissement. D'après l'EFSA, c'est une opération extrêmement douloureuse, même lorsqu'elle est pratiquée dans les premiers jours de vie des porcelets. Pourtant, d'autres pays ont développé des alternatives à la castration. En Angleterre et en Irlande la castration des porcelets n'existe pas. Les porcs sont tués à un poids légèrement inférieur, les verrats n'ayant alors pas ou peu développé les odeurs. Au Pays-Bas et en Suisse, l'anesthésie est obligatoire avant la castration depuis respectivement le 1er janvier 2009 et 2010. La Hollande s'achemine progressivement vers la fin de la castration à la demande de la grande distribution et les nez en abattoirs se développent afin de trier les carcasses. En Allemagne, le plus gros abattoir de porcs accepte les mâles entiers et a installé des "renifleurs" électroniques pour détecter les odeurs. Les carcasses ayant l'odeur sont utilisées pour des préparations pré-cuites. En Espagne, la castration ne concerne qu'un tiers des porcelets mâles. En Belgique, un premier élevage a opté pour la vaccination en juin 2010. Dès la fin de l'année, la chaîne de supermarchés Colruyt ne commercialisera plus de viande de porcs ayant été castré à vif.

Nourriture

Alors que les porcs se nourriraient de façon variée spontanément, la nourriture qui leur est donnée en élevage est uniforme et vite absorbée.

Type d'élevages

Les élevages peuvent être : - naisseurs : ils gèrent les porcelets de la naissance au post sevrages. 7% de ces structures comptent plus de 1000 truies et cumulent 32% des places. - engraisseurs : ils gèrent "l'engraissement" des porcs : du post sevrage au départ à l'abattoir - naisseurs / engraisseurs : ils gèrent l'ensemble des phases d’élevage, de la naissance au départ à l'abattoir. C'est un système largement répandu en France.

Taille des élevages

Si les élevages sont dits familiaux en France, ils n'en restent pas moins intensifs. Plus de 95% des porcs ne fouleront jamais le sol extérieur et seront gardés sur caillebotis de leur naissance à leur abattage. Les caillebotis sont des sols ajourés qui permettent aux excréments de s'évacuer : le lisier est ensuite récupéré dans des fosses et est utilisé en épandage. L'ensemble du lisier breton représente l'équivalent des excréments de la population française. La Bretagne, qui réalise 50% de la production porcine française et qui concentre également d’autres élevages, connaît le problème des algues vertes. C’est la première région émettrice d'ammoniac, responsable des pluies acides.
 D'après la filière, les élevages français comptent en moyenne 170 truies par élevage. Certains élevages comptent toutefois plus de 500 truies.

En savoir plus sur les conditions d'élevage des porcelets
En savoir plus sur les conditions d'élevage des truies

Vidéo 2007-2008
Vidéo 2010
Vidéo 2007-2010

Notre galerie photo


Sources : Office vétérinaire fédéral OVF, Confédération suisse Agreste Primeur, n°241, mai 2010. Castration des porcs mâles : pratiques actuelles et opinions des porteurs d'enjeux en Europe, Journées Recherche Porcine, 2009
Pictogramme : lettre protection animale Nous suivre
Recevez notre lettre d'info